Avant Première du film sur Abbe Jacques SECK: Le réalisateur Gilles Arsène Tchedji sur les traces du «prêtre musulman»

abbé jacques seck

Si l’inde a connu Mère thérèsa de Calcutta, si la france affectionne l’Abbé Pierre, le Sénégal a aussi l’Abbé Jacques Seck. Le film réalisé sur sa personne et intitulé : «Abbé Jacques Seck prêtre musulman imam chrétien», a été projeté en avant-première mondiale, ce week-end, au complexe culturel Sembène ousmane devant des autorités religieuses, et étatiques et coutumières, des journalistes, des parents et des amis. Ce film documentaire de 52 minutes du journaliste, écrivain et réalisateur, gilles Arsène tchédji, retrace le portait d’un homme d’Eglise qui a consacré sa vie au dialogue islamo-chrétien. Le film revient sur le parcours de cet homme simple, libre d’esprit et spontané qui a beaucoup d’humour. Mais aussi sa vie de jeune séminariste, vie de prêtre, d’apôtre du dialogue des religions, ses sourates en pleine messe, son amour de la lutte, fan de Yékini et de la danse. Le documentaire s’ouvre sur l’émission «Entretien» de Sada Kane sur la 2StV, où il déclame un verset du saint Coran avec une diction comme un imam. Cette belle entrée en matière, la camera braque sur lui, avec sa soutane blanche, marchant à son rythme, direction la paroisse Saint-Joe de la Médina, mais aussi à la Cathédrale de Dakar. Une fois à l’intérieur, avec un geste, il s’accroupit pour rendre grâce à Dieu. Le réalisateur donne aussi à travers ce film une occasion de lever un grand voile sur le mystère qui entoure son choix de vie, sa vocation, ses prises de parole et de positions. A travers des reportages, des interviews, des images d’archives, des souvenirs, des anecdotes avec l’arrivée du Pape Jean Paul 2 au Sénégal en 1992 où le monde musulman et chrétien étaient côte à côte. «Quand j’ai cité des sourates du Coran, le Pape m’a dit : ‘Est-ce que vous êtes un catholique’. Et il m’a serré la main», se souvient le religieux. il renseigne aussi sur ses relations avec feu Ben Basse Diagne à qui il a demandé de construire une mosquée dans un village. «il l’a construite à coût de millions. Ce qui est important, ce n’est pas la religion, mais l’humanité. Le dialogue chez nous n’est pas une théorie, c’est une réalité», a dit l’homme qui tient toujours un chapelet avec une croix où les perles sont signées : «Allah, Mouhammad». il ajoute également que depuis une quinzaine d’années il traine avec la photo de Serigne touba. Dans ce film, il y a également de l’humour, notamment dans une conférence musulmane où il a demandé aux musulmans de réciter «trois fois Salatul fatiha» et lui «trois fois le nom du Père». Parce que c’est lui qui avait le micro central. Avant de raconter, avec un brin d’humour, sa mésaventure avec l’alcool : «Je ne touche pas au bigne, ni la bière. ‘Dafa am funu jar’ un 16 décembre 57 (…) L’alcool ne me réussit pas». on savait également qu’Abbé Jacques était instituteur, qu’il avait à l’époque une ambition de député. «En cours de route, j’ai oublié la députation pour le chrétien de l’autel» a lancé l’enfant de Palmarin. En outre, ce film documentaire est riche en témoignages avec ceux, entre autres, du sociologue Djiby Diakhaté, de Jean Paul Diaz, de Mgr Benjamin ndiaye, archevêque de Dakar, Abdou Khadre gaye Directeur d’EMAD. Selon le réalisateur gilles Arsène tchedji, c’est en 2014 qu’il a rencontré pour la première fois Abbé. «Ainsi, il devient un sujet qui m’intéresse et sur lequel j’ai voulu tout découvrir», dit-il.

Marième COLY

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