Macky Sall , « un avocat » pour la justice

Malick Sall
(APS) – Le nouveau garde des Sceaux, ministre de la Justice, Malick Sall, avocat donc homme du sérail, a de plus l’avantage de ne pas esquiver les problèmes d’un secteur sous les feux de la rampe depuis quelques années, en raison d’une mauvaise perception entretenue à tort ou à raison au sein de l’opinion.

« Il faut que la justice revienne dans le cœur des Sénégalais. Il ne peut y avoir d’Etat de droit là où la justice n’est pas bien accueillie par les populations », dit-il sans ambages dans un entretien publié par Walfquotidien (privé), manière franche de poser les problèmes.

A tort ou à raison, une opinion sans doute partielle, tient pour acquis l’idée d’une justice aux ordres dont a du mal à se départir les acteurs du secteur, dont certains contribuent d’ailleurs à cette perception.
La démission avec fracas du juge Ibrahima Dème, il y a un peu plus d’un an jour pour jour, en mars 2018, est le dernier cas le plus emblématique, l’ex substitut général à la Cour d’appel de Dakar dénonçant « l’instrumentalisation » de la justice par l’exécutif, une dénonciation encore plus fleurie par des formules chocs, du genre : « J’ai démissionné d’une magistrature qui a démissionné ».
Celui qui avait déjà démissionné du Conseil supérieur de la magistrature notait que la magistrature était « de plus en plus fragilisée, voire malmenée de l’intérieur comme de l’extérieur ». « Il en est résulté une crise sans précédent de la justice qui a perdu sa crédibilité et son autorité », estime-t-il, insistant sur la « culture de soumission » caractérisant le secteur.
La justice sénégalaise souffrirait également du peu de confiance que certains acteurs politiques manifestent à son endroit, signe parfois que ces derniers ont du mal à trancher par le dialogue certaines questions que les juges seraient fatalement amenés à arbitrer.
Le nouveau garde des Sceaux, qui remplace à ce poste un constitutionnaliste chevronné, le professeur Ismaïla Madior Fall, répond : « La Justice sénégalaise a des problèmes et des faiblesses. Mon travail, c’est de les diminuer au maximum ».
Me Malick Sall, avocat d’affaires et responsable politique de l’Alliance pour la République (APR, au pouvoir) à Matam, dans la partie nord du Sénégal, évoque par exemple le cas des « justiciables qui restent en prison des années sans être jugés ».
« Cela n’est pas acceptable dans un Etat de droit. Et cela va être ma priorité », indique le président du mouvement Malick pour tous, tous pour Macky (MTM).
Il reconnait que la présence du chef de l’Etat au Conseil supérieur de la magistrature fait débat, mais ajoute : « Aucun magistrat sérieux ne dira que cela gêne le fonctionnement du service public de la justice ».
« Je connais là où il y a les problèmes (…). Je connais les gens de la Justice (…). Je suis un homme libre. Je ne répondrai que de la loi et du président de la République », a-t-il promis dans des propos rapportés par Walfquotidien.
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