1ère Édition du Grand Carnaval de Djibanar : La Collectivité Lébou invitée d’honneur

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Les 23 et 24 mai prochains, tous les regards seront tournés vers la région de Sédhiou, qui accueillera la toute première édition du Grand Carnaval de Djibanar. Cet événement culturel d’envergure est une initiative de la Plateforme des Arts du Spectacle et de la Scène (La PASS), en partenariat avec le label Balantacounda Sur Scène (B.S.S). Pour cette première, la Collectivité Lébou a été choisie comme invitée d’honneur.

Ce carnaval socio-culturel et multiethnique, organisé dans un esprit de diversité, vise à promouvoir la langue balante au sein des communautés du Balantacounda et du Boudjé (département de Goudomp, région de Sédhiou). D’après le communiqué de presse, « le projet trouve sa justification dans les racines socio-culturelles sénégalaises, ainsi que dans ses rapports historiques, raciaux et linguistiques avec le reste de l’Afrique. Il est en phase avec la vision 2050 du gouvernement du Sénégal sur les industries culturelles et créatives. Ce peuple balante de refus, intègre et fort – originellement appelé Bejaa ou Balantes – bien que minoritaire, est considéré comme le peuple du balafon, cet instrument mythique tant célébré par le président-poète Léopold Sédar Senghor (paix à son âme). Revisiter ce patrimoine, c’est s’enraciner et s’ouvrir en valorisant les fondements identitaires, historiques et culturels à travers les us et coutumes balantes ».

Selon le coordonnateur de la manifestation, El Aziz Guéye, le projet repose sur trois axes fondamentaux : l’identité géographique, les croyances et les mœurs du peuple balante. « Les symboles emblématiques des Balantes sont le palmier, le balafon et la vipère. En Sénégambie méridionale, la vipère, serpent-totem, symbolise l’abondance et la fécondité pendant la saison des pluies. La présence de la Collectivité Lébou de Dakar, témoin du passé et du présent, comme invitée d’honneur, permettra un dialogue culturel enrichissant. Les Balantes et les Lébous sont tous deux des peuples de l’eau, liés par une riche histoire », indique-t-il.

Un projet artistique, culturel et à portée scientifique

 

Ce projet artistique, culturel et à portée scientifique, constitue une opportunité unique pour la communauté balante et le monde de la recherche. « Ce rendez-vous du donner et du recevoir permet à chaque culture ou ethnie de contribuer à l’émergence d’une civilisation planétaire. En civilisation, rien ne se maintient sans effort : tout s’entretient et se transmet. Le peuple balante entend combler le vide existant dans la compréhension mutuelle, pour favoriser un dialogue sincère entre les cultures », précise M. Guéye.

Il ajoute : « Aucune œuvre humaine n’est parfaite. Tout est connexion et reconnexion. Le concept ‘Je suis Balante, donc j’existe’ est un enrichissement fécond qui permet d’identifier les références fondamentales léguées par nos aïeux. À l’origine, les femmes – détentrices et gardiennes des traditions – jouaient un rôle crucial dans la transmission orale et culturelle. Une parenté adoptive entre Balantes et Diolas s’est dessinée à travers les courants migratoires. Dès 1850, Sédhiou supplante l’île de Carabane comme capitale de la Casamance coloniale, scellant une alliance entre les Balantes et l’administration coloniale ».

La résistance du peuple balante face à la colonisation a placé Diattacounda, Goudomp, Birkama et Djibanar au cœur de l’histoire. Aujourd’hui, la société balante a évolué : la cellule familiale devient la base d’une éducation collective. À l’âge de 15 ans, tout garçon doit être circoncis, tandis que le mariage traditionnel pour les filles est équivalent en valeur rituelle.

« Je suis Balante, donc j’existe »

 

Un zoom sur ce peuple « immortel », à travers le slogan : « Je suis Balante, donc j’existe », témoigne de la richesse de cette culture.

Au programme du Grand Carnaval, il y a l’ouverture par un récital de Coran devant la grande mosquée de Djibanar, dirigé par le Khalif Général du Balantacounda et du Boudjé, El Hadj Youssoufa Diatta. Suivra une conférence publique sur l’impact de la culture dans le Balantacounda par le Professeur Mamadou Lamine Kourouma, alias Sabouñima.

Pour le volet activités culturelles, il y a une visite des sites patrimoniaux de Djibanar, séance de lutte pour enfants, concours culinaire de plats traditionnels devant un jury. L’événement sera clôturé par une course de pirogues, le grand carnaval, une remise de diplômes, un concert sur le fleuve, la fête du balafon et une veillée nocturne.

Chérifa

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