Accusé de détournement de deniers publics à hauteur de 31 milliards de FCFA et de complicité portant sur 91 milliards, Farba Ngom a choisi la contre-attaque. Droit dans ses bottes, il déploie une défense musclée, fondée sur la transparence totale et un rejet catégorique de tout lien avec les caisses de l’État, rapporte L’Observateur.
Sur le Trésor public, le maire des Agnam balaie les soupçons d’un revers de main. Repris par le Groupe futurs médias (Gfm), il nie tout virement, toute faveur et tout marché public. Provocateur, il lance : « Je ne sais même pas où se trouve le bureau du Trésorier général », allant jusqu’à défier le parquet de saisir la Sonatel pour prouver qu’il n’a jamais eu le moindre contact téléphonique avec un responsable du Trésor.
Concernant Tahirou Sarr et la Sofico, Farba Ngom démonte point par point les accusations de blanchiment. Les flux financiers entre ses sociétés, SCP Tidjania et Doworou, et celles de l’homme d’affaires seraient, selon lui, irréprochables et entièrement traçables. « On ne blanchit pas de l’argent avec des virements et des chèques parfaitement identifiables », martèle-t-il.
Il rejette tout aussi fermement les allégations le liant à Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall, niant la moindre transaction. Même démenti catégorique pour la société Woodrose, dont il affirme ignorer jusqu’à l’existence, assurant n’avoir rencontré certains co-inculpés qu’après son incarcération à Rebeuss.
La défense enfonce le clou en dénonçant une faille majeure dans la procédure. Alors que le détournement de deniers publics est présenté comme le cœur de l’accusation, aucune question directe sur le Trésor n’aurait été posée durant les quatre heures d’interrogatoire. Pour Me Baboucar Cissé, il s’agit ni plus ni moins d’une « chimère judiciaire », invoquée pour justifier une détention prolongée en l’absence de preuves tangibles.




