Affaire Farba Ngom : Les avocats dénoncent une « justice à double vitesse » et une « entreprise de démolition politique et familiale »

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Ce mardi, les avocats de Farba Ngom ont tenu une conférence de presse pour dénoncer les poursuites engagées contre leur client dans le cadre d’une affaire mêlant accusations de blanchiment d’argent, de détournement de deniers publics et d’escroquerie portant sur 31 milliards FCFA. Maîtres El Hadji Amadou Sall, Doudou Ndoye, Baboucar Cissé, Oumar Youm, Antoine Mbengue et Abdou Dialy Kane se sont succédé pour livrer un plaidoyer dénonciateur contre ce qu’ils considèrent comme une grave dérive de l’appareil judiciaire.

Un dossier sans base factuelle claire, selon la défense

Les avocats estiment que ni le parquet ni le juge d’instruction n’ont pu expliquer à Farba Ngom les faits précis qui justifieraient son inculpation. « On ne peut accepter dans un pays qu’une personne soit détenue sans qu’à aucun moment des faits précis ne soient formulés à son encontre », a déclaré Me Amadou Sall.

Selon lui, la procédure a été enclenchée sans audition préalable, sans confrontation des faits, et repose uniquement sur un rapport de la CENTIF, qui, selon la défense, a été dénaturé de sa fonction informative pour devenir un fondement d’accusation.

La dénonciation d’un processus biaisé et de traitements inéquitables

Me Doudou Ndoye a parlé d’une procédure illégale, dénonçant un État de non-droit. « On ne peut pas mettre une personne en prison sur la base de simples soupçons, la charger avec d’autres faits et la remettre en prison », clame-t-il.

Me Boubacar Cissé, pour sa part, a affirmé que le dossier est truffé d’irrégularités : saisies conservatoires opérées sans notification préalable à la défense, rejet du cautionnement proposé par Farba Ngom malgré des titres fonciers conformes, et détention de membres de sa famille sans mention dans les pièces judiciaires.

Une justice perçue comme instrumentalisée

Dans une déclaration forte, Me Antoine Mbengue a pointé une « commande politique », amorcée selon lui après une visite du Premier ministre à Agnam et accélérée par des décisions judiciaires « à géométrie variable ». Il critique l’acharnement contre Farba Ngom alors que, selon lui, « ceux qui possèdent la clé du coffre-fort demeurent hors de portée ».

Deux poids, deux mesures : le cas Tahirou Sarr

Me Abdou Dialy Kane a également dénoncé une inégalité de traitement entre Farba Ngom et Tahirou Sarr, tous deux impliqués dans la même affaire. Alors que la proposition de caution de Ngom a été rejetée, celle de Sarr a été acceptée sans délai par la chambre d’accusation financière. « Dès lors que deux justiciables dans la même situation sont traités différemment, il n’y a plus de justice », a-t-il martelé.

Des poursuites jugées sans fondement juridique clair

Me Oumar Youm a questionné les qualifications retenues dans le dossier : escroquerie, complicité d’escroquerie, détournement de deniers publics et blanchiment d’argent. Pour lui, aucun élément matériel – ni faux documents, ni manœuvres frauduleuses – n’a été établi pour soutenir ces accusations. « Comment peuvent-ils détourner des fonds publics s’ils ne sont ni comptables, ni ordonnateurs ? », s’interroge-t-il.

Une justice qui inquiète pour l’avenir de l’État de droit

Tous les avocats ont exprimé leur inquiétude face à ce qu’ils qualifient de « justice de vengeance », d’« entreprise de démolition politique et familiale » et de « dérive autoritaire ». Ils appellent à un sursaut judiciaire et citoyen. Me Cissé va jusqu’à alerter. « Il ne reste plus qu’à appréhender sa mère. Mais jusqu’où irons-nous ? », dénonce la robe noire.

Une affaire symptomatique d’un climat politique tendu

Au-delà du cas de Farba Ngom, cette affaire soulève des questions fondamentales sur l’impartialité de la justice, le respect des droits de la défense et la séparation des pouvoirs dans un contexte politique de plus en plus conflictuel. Pour ses avocats, Farba Ngom est la cible d’une instrumentalisation judiciaire visant à l’exclure de la scène publique – avec des méthodes qui bafouent, selon eux, les principes mêmes de l’État de droit.

Raune

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