Le chef rebelle sénégalais César Atoute Badiate sort de son silence et jette un pavé dans la mare. Dans une déclaration adressée au Committee to Protect Journalists (CPJ), il réfute avec fermeté toute implication du journaliste René Capain Bassène dans le Mouvement des Forces démocratiques de la Casamance (MFDC) et dans le massacre de 14 coupeurs de bois en 2018.
Chef d’une des principales factions du MFDC, Badiate est catégorique : Bassène n’a jamais été un acteur du mouvement séparatiste. « René Capain Bassène n’est ni mandataire du MFDC, ni un chef capable de me donner des ordres », tranche-t-il, rejetant toute thèse d’implication du journaliste dans des actes criminels.
Depuis son exil en Guinée-Bissau, où il mène des discussions avec les autorités sénégalaises, Badiate enfonce le clou : « Il n’a jamais été membre ni porte-parole du MFDC. Je l’ai connu uniquement comme journaliste et écrivain. »
Cette sortie fracassante intervient alors que Bassène est détenu depuis huit ans. En parallèle, Badiate, pourtant sous le coup d’un mandat d’arrêt international après sa condamnation par contumace en 2022 pour les mêmes faits, a multiplié les rencontres avec des responsables sénégalais. Ces échanges ont conduit à un accord de paix signé en août 2022, puis à un plan de suivi en février 2025.
Depuis sa cellule à Dakar, René Capain Bassène dénonce une situation qu’il estime inéquitable : « L’absence de Badiate à mon procès, facilitée par le manque de volonté des autorités à le faire comparaître, m’a privé d’une chance essentielle de prouver mon innocence », a-t-il confié au CPJ.
En toile de fond, le CPJ ravive l’affaire avec son podcast « René Capain Bassène, condamné à tort », qui met en lumière de nouveaux éléments susceptibles de remettre en cause la version judiciaire.




