Le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Ba, a pointé lundi le déficit de structuration et de visibilité qui freine le développement du secteur culturel au Sénégal. Il a appelé à une véritable rupture pour impulser une relance durable.
Selon lui, l’informel occupe encore une place trop importante. « Personne ne peut évaluer le poids réel de la Culture, de l’Artisanat ou encore du Tourisme dans le PIB », a-t-il déploré lors de l’examen du budget de son département. Il a évoqué les « problèmes spécifiques » qui affectent ces trois domaines et averti que, sans changement de méthode, les mêmes difficultés persisteront « dans dix ans ».
Le ministre estime que la culture, bien qu’elle soit un secteur porteur et attractif, souffre d’un manque criant d’organisation. « Cette année, avec mes équipes, nous avons essayé de changer de paradigme », a-t-il insisté, évoquant le lancement d’une véritable « année zéro » pour repartir sur de nouvelles bases.
Pour renforcer la visibilité du patrimoine culturel, Amadou Ba a annoncé la création d’un atlas culturel destiné à répertorier l’ensemble des sites historiques et du patrimoine matériel. Accessible en un clic sur tout le territoire, cet outil sera, selon lui, déterminant pour mieux valoriser les richesses culturelles nationales. Il a également exprimé son souhait de collaborer avec le ministère de la Communication en vue de lancer une télévision culturelle.
Le financement reste toutefois un défi majeur. Le ministre a rappelé que, dans les pays développés, la culture bénéficie de mécanismes de financement spécifiques. Il regrette qu’au Sénégal, le mécénat soit encore très limité. Il plaide ainsi pour une implication accrue des institutions bancaires, soulignant que plusieurs projets cinématographiques sont « bancables », puisqu’ils parviennent à remporter des prix à l’international. Sans financement innovant—incluant fiscalité, mécénat et appui bancaire—le secteur restera, selon lui, « extrêmement limité ».
Amadou Ba a néanmoins assuré que le potentiel culturel du pays est réel, même si les infrastructures manquent en dehors de Dakar. Il estime que chaque région devrait disposer d’une salle de cinéma et d’équipements culturels adaptés.
Le ministre a également annoncé le lancement prochain d’un appel à projets pour la réalisation d’un film officiel autour du livre blanc sur Thiaroye 44. Il a par ailleurs évoqué la redynamisation des centres de lecture, avec l’idée d’organiser une dictée nationale dotée d’un prix du président de la République afin d’encourager les jeunes à lire davantage.
Interrogé par les députés sur le projet de Bibliothèque nationale, il a reconnu que les blocages actuels relèvent principalement d’un manque de site et de financement.



