Paris et le Stade de France ont vibré samedi au rythme des déboulés d’Ibrahima Mbaye, des arabesques d’Ismaïla Sarr et des envolées de Mory Diaw. Le temps de recevoir le Pérou avec les honneurs dus au rang d’un champion dont la déchéance du titre fait débat.
Mais, loin de s’en soucier comme de leur dernier sou en poche, Pape Thiaw a confectionné une équipe compétitive pour ce premier match d’une longue série de rencontres amicales sur la route du Mondial. Le Pérou, adversaire dont on jaugeait la qualité, a laissé entrevoir de belles promesses, malgré sa longue traversée du désert sur la scène internationale.
Malgré tout, le contexte a semblé doper davantage les joueurs que le jeu lui-même. Car, vaillants sur le terrain ce soir du 18 février, dans un environnement d’une rare hostilité, les Lions avaient puisé dans leurs tréfonds pour s’extirper avec malice et courage de ce guêpier. Couronnés et médaillés, ils se sont vu déposséder de ces honneurs deux mois plus tard par des bureaucrates dont on doute de la probité. Heureusement que la bataille judiciaire semble en bonne voie pour le rétablissement du droit à la victoire sur le pré.
Raison pour laquelle, n’en déplaise à ce baroud d’honneur de Marocains prétentieux, le trophée a bien été présenté au nombreux public (plus de 60 000 personnes) venu communier et fêter avec ces champions. Bien leur en a pris, car ils ont été gâtés par la prestation des Lions, qui restent sur une excellente dynamique, malgré le caractère amical de la rencontre.
Ronronnant comme à leur habitude, les Lions gardent toujours cette capacité à donner un coup d’accélérateur mortel à l’adversaire. Et c’est par le truchement de Mbaye, dont l’accélération met deux défenseurs adverses dans le vent, que Jackson trouve la faille (41e). Le centre à ras de terre du titi parisien est un délice pour l’attaquant munichois, qui n’eut aucune peine à tromper Caléze, le dernier rempart sud-américain.
Le temps que les choses reprennent en seconde période, voilà que le second meilleur buteur de la Tanière se signale. Profitant d’un contre favorable dans sa position de centre-avant, il n’éprouve aucune difficulté à corser la mise (53e). Avec une possession du cuir tournant autour de 60 % et 12 frappes tentées, les Lions ont, par moments, fait montre d’une telle maîtrise. Surtout quand Gana change de braquet. On a l’impression que, dès qu’il se met à gambader, le rythme du jeu s’en ressent.
Malgré les nombreux changements en seconde période (sept du côté adverse et trois du côté sénégalais), le jeu s’en est trouvé quelque peu altéré. Surtout avec les sorties simultanées de Sarr et de Mbaye : le jeu a manqué un peu de profondeur. Contrairement aux Sud-Américains, qui se sont enhardis, aidés en cela par les errements sans conséquences de Mory Diaw, lequel s’est déployé de toute sa longueur pour conserver l’inviolabilité de ses cages sur ce délicieux enroulé de Quiroz (86e).
Au final, la symbolique s’est invitée au Stade de France. Fêtant sa deuxième étoile, le Sénégal a marqué deux buts face au Pérou. Pour un match de reprise, les Lions ont juste fait le travail et conservé une dynamique victorieuse.
En attendant de descendre dans leur antre imprenable de Diamniadio mardi prochain pour y jouer la Gambie, Gana et sa bande peuvent bien s’aérer l’esprit, prendre du bon temps, avant de continuer leur préparation en vue du Mondial 2026, qui se jouera aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Assane Diallo



