Les principales cimenteries opérant au Sénégal ont tenu à réagir aux déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko sur les audits des conventions minières. Dans un communiqué conjoint publié vendredi, Sococim Industries, les Cimenteries du Sahel, Dangote Cement Sénégal et Ciments de l’Afrique Sénégal ont apporté des clarifications sur les montants évoqués par le chef du gouvernement.
Les industriels contestent notamment les chiffres présentés comme un « manque à gagner » pour l’État. Selon eux, ces montants correspondent plutôt à des dispositifs incitatifs et à des clauses de stabilisation prévus par le Code minier en vigueur au moment de leurs investissements.
Les quatre cimenteries assurent également avoir pleinement coopéré avec les autorités dans le cadre des audits, en fournissant toutes les informations nécessaires. Toutefois, elles précisent que les rapports finaux issus de ces audits n’ont pas encore été officiellement restitués ni validés par l’ensemble des parties prenantes.
Dans ces conditions, les entreprises estiment que toute communication publique sur ces audits devrait intervenir après la présentation officielle des conclusions, afin d’éviter toute interprétation erronée des engagements contractuels.
Les cimentiers mettent en garde contre les effets d’un débat public qui pourrait fragiliser la confiance des investisseurs. « Ce débat administratif ne doit en aucun cas affecter la crédibilité des investissements industriels déjà réalisés dans le pays », avertissent-ils.
Le secteur rappelle d’ailleurs son poids économique important, avec plus de 600 milliards de FCFA d’investissements réalisés au cours des cinq dernières années. Les industriels soulignent également que cette dynamique a contribué à maintenir des prix du ciment parmi les plus compétitifs en Afrique de l’Ouest.
Au plan social, les cimenteries indiquent générer plus de 10 000 emplois directs et indirects, notamment dans les domaines du transport, de la distribution et du bâtiment, tout en menant plusieurs initiatives en faveur des communautés locales dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’autonomisation.
Cependant, les acteurs du secteur alertent sur les pressions croissantes liées à la hausse des coûts de l’énergie, du transport et des intrants, dans un contexte international marqué par de fortes tensions géopolitiques. Une situation qui pourrait, selon eux, entraîner une augmentation des coûts de production, avec un impact potentiel sur les prix pour les consommateurs.
Malgré ces préoccupations, les cimentiers réaffirment leur confiance dans les institutions sénégalaises et se disent disposés à poursuivre un dialogue constructif avec les autorités, tout en maintenant leurs investissements pour accompagner le développement et la modernisation du pays.
Raune




