De retour d’Espagne ce mercredi soir, le président Bassirou Diomaye Faye s’est exprimé avec gravité sur les tragiques événements survenus récemment à Rosso Sénégal et à Cambérène, où plusieurs jeunes ont perdu la vie dans des circonstances mettant en cause les forces de l’ordre. Face à l’émoi national, le chef de l’État a pris la parole pour appeler à la vérité, à la justice, et au respect de la vie humaine.
Deux drames ont particulièrement bouleversé l’opinion publique. À Rosso Sénégal, Talla Keita, 18 ans, est décédé après avoir été, selon les premiers éléments, torturé par deux policiers au commissariat spécial de la localité. À Cambérène, Thierno Bâ (27 ans) et Lamine Dieng (29 ans) sont morts noyés alors qu’ils tentaient de fuir une intervention policière. Ce double drame a provoqué deux nuits d’émeutes dans la cité Layène.
Conscient de la tension suscitée par ces événements, le président de la République a adopté un ton grave et ferme. « Je voudrais aborder des thèmes liés à l’actualité nationale concernant les pertes en vies humaines que nous avons déplorées consécutivement à l’intervention de la police au niveau de Rosso et au niveau de Cambérène. Rappeler que sur le plan des principes, les forces de l’ordre sont censées rassurer les populations et les protéger », a-t-il déclaré d’entrée.
Pour Bassirou Diomaye Faye, la violence policière ne peut être tolérée ni banalisée. « Les interventions ne doivent pas causer la mort. Surtout, le fait que des citoyens, lors d’interpellations de la police, perdent la vie ne pourrait jamais être considéré comme une banalité », a-t-il martelé, manifestement touché par la gravité des faits.
Le chef de l’État a révélé avoir personnellement visionné des images des incidents. Ce qu’il y a vu l’a profondément choqué. « Des images que j’ai pu moi-même voir, il apparaît de faits qui sont insoutenables et qui sont inacceptables dans le cadre d’interventions policières. On ne saurait se servir des citoyens qui ont fait l’objet d’une arrestation dans le cadre d’échauffourées contre la police ou contre un quelconque corps constitué dans les forces de défense et de sécurité comme un bouclier », a-t-il dénoncé.
En réponse à cette situation, le président a pris une décision claire. « J’engage donc le ministre de l’Intérieur, le Directeur général de la police, pour m’en tenir qu’aux cas présents, à mener avec diligence les enquêtes, à situer les responsabilités et à soumettre un rapport circonstancié. Et si des sanctions s’imposent, y aller avec toute la fermeté qu’il faut pour que ces cas puissent servir d’exemple et que plus jamais la mort dans les commissariats ou à l’occasion d’interventions qui peuvent être maîtrisées ne puisse être acceptée comme relevant de la normalité », a-t-il instruit.
En pleine montée des tensions entre jeunes et forces de l’ordre, Diomaye Faye entend fixer une ligne rouge et poser un acte de rupture face à l’impunité. Son message se veut apaisant, mais déterminé. Il sonne comme un signal fort lancé à l’ensemble de la chaîne sécuritaire : le respect de la vie humaine n’est ni négociable ni facultatif.
Raune





