Plusieurs dizaines de personnes ont perdu la vie dans les explosions provoquées par l’incendie d’un dépôt de munitions, survenu mardi soir à Bujumbura, ont indiqué mercredi des sources sécuritaires à l’AFP. Jusqu’à présent, aucun bilan officiel n’a été communiqué par les autorités.
D’après les premières informations, le sinistre, attribué à un « accident électrique », s’est déclaré dans l’arsenal du Camp base, principal dépôt d’armes de l’armée burundaise, situé dans le quartier densément peuplé de Musaga, au sud de la capitale économique.
Le Burundi, classé comme le pays le plus pauvre du monde en termes de PIB par habitant selon la Banque mondiale en 2023, traverse une crise économique persistante. Celle-ci est notamment marquée par une grave pénurie de carburant qui paralyse le pays depuis près de trois ans.
Depuis l’arrivée au pouvoir du président Évariste Ndayishimiye en juin 2020, le pays oscille entre des signes d’ouverture politique et un contrôle strict du régime, régulièrement dénoncé par des ONG et les Nations unies pour des atteintes aux droits humains.
Sur le terrain, les témoignages font état d’un lourd bilan. « Il est impossible d’établir un chiffre précis pour le moment, mais il y a énormément de victimes. Des dizaines de personnes ont été tuées et des centaines, voire des milliers, de blessés sont à déplorer », a confié sous anonymat un haut responsable militaire. Il évoque également d’importants dégâts matériels, plusieurs habitations ayant été touchées par des éclats.
Un officier de police, également sous couvert d’anonymat, confirme un bilan provisoire d’« au moins des dizaines de morts », tout en redoutant un chiffre plus élevé.
Dans un message publié sur le réseau X, le chef de l’État a exprimé sa « sympathie » aux victimes de cette tragédie.
De son côté, Spageon Ngabo, directeur de la plateforme Yaga Burundi, indique qu’une dizaine de décès ont déjà été recensés à partir de témoignages citoyens, tout en précisant que le décompte se poursuit.




