Le parquet marocain a requis jusqu’à deux ans de prison ferme contre chacun des 18 supporters sénégalais poursuivis pour hooliganisme après les incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), disputée le 18 janvier à Rabat.
La tension ne retombe pas autour de cette finale explosive de la 35e édition de la CAN. Devant le tribunal de première instance de Rabat, le représentant du ministère public a estimé que les prévenus avaient « délibérément voulu perturber le bon déroulement du match » et commis des violences « diffusées en direct sur des chaînes de télévision », selon un journaliste de l’AFP présent à l’audience.
Des faits qualifiés de « hooliganisme »
Les 18 supporters sénégalais sont poursuivis pour hooliganisme, un chef d’accusation qui englobe : des violences présumées contre les forces de l’ordre, la dégradation d’équipements sportifs, l’invasion de la pelouse, ainsi que des jets de projectiles. La peine de deux ans d’emprisonnement ferme correspond au maximum encouru pour ces faits. De leur côté, les accusés ont nié toute implication dans les violences survenues ce soir-là.
Le 18 janvier, au stade Stade Moulay Abdellah de Rabat, le Sénégal s’était imposé 1-0 au terme d’un match particulièrement tendu, lors de la finale de la CAN face au Maroc. Dans le temps additionnel de la seconde période, un penalty accordé au Maroc – juste après un but refusé au Sénégal – avait mis le feu aux poudres. Des supporters sénégalais avaient tenté d’envahir la pelouse pendant près de quinze minutes.
Plusieurs projectiles, dont au moins une chaise, avaient été lancés en direction du terrain, provoquant l’intervention des forces de sécurité.
Des preuves vidéo et des dégâts estimés à 370 000 euros
Selon le ministère public, les poursuites reposent principalement sur les images des caméras de surveillance du stade, les certificats médicaux des membres des forces de l’ordre et des stadiers blessés. Les dégâts matériels, dans un stade entièrement reconstruit avant la compétition, sont estimés à plus de 370 000 euros.
Le Maroc, qui a accueilli la 35e édition de la CAN du 21 décembre au 18 janvier, se projette déjà vers la Coupe du monde 2030, qu’il coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. Dans ce contexte, les autorités entendent afficher une fermeté exemplaire face aux violences dans les stades, afin de préserver l’image du pays sur la scène sportive internationale.
Raune





