Interrogé en conférence de presse , hier, sur l’arrivée chaotique de l’équipe nationale du Sénégal à Rabat, à la veille de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations face au Maroc, ainsi que sur les difficultés rencontrées par les supporters sénégalais pour accéder aux billets, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, a livré une réponse alambiqué, teintée de reproches à l’endroit des médias africains, tout en promettant des clarifications ultérieures.

Sécurité des Lions : Motsepe renvoie la balle

Face aux images et témoignages montrant un dispositif sécuritaire insuffisant lors de l’arrivée des Lions de la Téranga dans la capitale marocaine, le président de la CAF affirme avoir réagi immédiatement. « La première chose que j’ai faite lorsqu’on m’a informé de la situation a été de contacter le président de la Fédération sénégalaise de football, car il a des responsabilités envers les deux finalistes. J’ai obtenu des retours bien plus positifs », a-t-il déclaré.

Sans entrer dans le détail des manquements constatés sur le terrain, Confédération africaine de football semble ainsi minimiser la gravité des faits, alors que plusieurs sources sénégalaises ont dénoncé des bousculades, une exposition des joueurs au public et l’absence de périmètre de sécurité.

Un discours offensif contre le « complexe d’infériorité »

Au-delà de la question sécuritaire, Patrice Motsepe a choisi de déplacer le débat sur le terrain idéologique, fustigeant ce qu’il qualifie de « complexe d’infériorité » des Africains vis-à-vis de l’Europe et de la FIFA. « Il faut en finir avec ce complexe d’infériorité qui nous fait croire que la FIFA contrôle l’Afrique ou que la CAN est due à l’Europe. Le fait que les Européens nous respectent plus que nos propres journalistes me désole », a-t-il lancé en reprochant aux médias d’avoir amplifié les faits sur font de comparaisons inappropriées.

Un propos qui, loin d’apaiser les tensions, a suscité de nombreuses interrogations : fallait-il répondre à des préoccupations concrètes de sécurité et d’équité par une mise en cause du travail journalistique, au moment même où le Sénégalest victime de tracasseries avérées et d’injustices ?

Billetterie : une explication jugée insuffisante

Sur la question sensible des billets, notamment la frustration des supporters sénégalais largement privés d’accès au stade, la réponse du patron de la CAF est restée laconique. « Les billets pour la finale ont été vendus dès le premier jour. C’est un peu compliqué », a-t-il simplement indiqué.
Une déclaration qui peine à convaincre, alors que de nombreux fans sénégalais, présents à Rabat ou ayant fait le déplacement depuis Dakar, dénoncent un système opaque et déséquilibré en faveur du pays hôte. Même la fédération sénégalaise de football s’est plaint de n’avoir pas pu avoir un nombre de billets acceptables avec un quota d’à peine 2852 billets pour un stade de 69.000 places.

Une annonce promise, une attente grandissante

Patrice Motsepe a toutefois assuré que la CAF communiquerait ultérieurement sur la « question sénégalaise », appelant à se concentrer sur « la réussite et le développement du football africain ». « Nous ferons une annonce concernant la question sénégalaise dès que possible », a-t-il promis.

En attendant, le malaise demeure. À l’heure où le Sénégal s’apprête à disputer une finale de CAN à haute portée symbolique, les réponses de la CAF, jugées évasives par une partie de la presse, laissent planer un sentiment d’injustice et d’inachevé. Pour beaucoup, le débat ne porte plus seulement sur un match, mais sur l’équité, la gouvernance et le respect dus à toutes les nations africaines, sans distinction.

Raune

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