( Envoyé spécial à Tanger ) Le train des quarts a déjà laissé à quai deux mondialistes, Tunisie et Afrique du Sud qui n’ont pas été à la hauteur des attentes. Et les chocs en stock mettront forcément deux autres qualifiés à la coupe du monde, au moins, au tapis. Car un duel de mondialistes est au programme des quarts de finale, à savoir Côte d’Ivoire face à l’Egypte.
Après avoir sorti du Benin en huitième de finale, la sélection égyptienne n’a pas offert cependant pas suffisamment de garantie et de sécurité dans cette compétition. Avec un Mohamed Salah en demi-teinte malgré ses deux réalisations pleines d’opportunisme, les pharaons devront montrer un tout autre visage face au champion d’Afrique sortant.
La Côte d’Ivoire, pour ne pas la citer, n’a pas fait dans la dentelle face à de timorés burkinabé. Avec un Amad Diallo en feu (élu trois fois homme du match), les éléphants se sont promenés à Marrakech pour venir à bout des hommes intègres. Et ce n’est forcément pas le match le plus compliqué qu’ils ont disputé depuis le début du tournoi, témoignant si besoin en était, de leur montée en puissance. Avec la titularisation de jeunes pépites, à l’image Ineo au milieu de terrain.
Ce gamin de 19 ans a joué avec beaucoup de maturité et de culot,
reléguant les vieux briscards tels que Seri et Fofana. C’est dire combien cette équipe a de la marge et dispose d’un effectif de qualité qui donne à l’entraîneur la possibilité d’effectuer beaucoup de rotation.
Seulement, ce duel de mondialistes ne sera pas aisée, car l’adversaire est rompu à la tâche et reste capable du meilleur comme du pire. Détenteur du record de sacres en Coupe d’Afrique, l’Egypte demeure toujours difficile à manœuvrer.
Dans la seconde affiche qui prend des allures de finale avant l’heure, une opposition dantesque est au programme entre les deux seules sélections qui avaient fait carton plein au premier tour, avec trois succès en autant de sorties. Si le Nigéria fait véritablement figure d’épouvantail après le tour précédent, avec une attaque de feu, douze buts en quatre sorties, il s’attend à une opposition, un tantinet, plus soutenue, face à l’Algérie. Qualifiée sur le fil face à la RD Congo, dans une rencontre âprement disputée, la sélection des fennecs s’attend aussi à un quart volcanique. Avec un niveau ostensiblement plus élevé dans une rencontre où sa défense sera mise à rude épreuve. N’ayant concédé qu’un seul but depuis le début de la compétition, l’Algérie défiera la sélection ayant le plus marqué (12 buts).
Pour le Sénégal, le choc face au Mali s’annonce difficile. D’ailleurs, rien n’est facile à partir de ce stade de la compétition. Tout s’arrache. Invaincu en quatre rencontre et pas vainqueur une seule fois, la sélection malienne demeure un modèle de résilience. Elle sait souffrir derrière tout en étant famélique devant. Auteure de trois buts en quatre sorties, elle trouve suffisamment de ressources
pour ne pas plonger dans le précipice. Mais à un moment, il faudra faire plus pour espérer s’en sortir.
Face aux Lions du Sénégal, auteur de 10 buts jusqu’ici et dominateurs dans le jeu avec une
possession qui frise les 65% en moyenne, la partie s’annonce toutefois équilibrée. Aux poulains de
Pape Thiaw de se montrer plus lucides devant, car ils savent se créer des opportunités. C’est là où pourrait résider la clé d’une rencontre aux allures de grand derby ouest africain.
Quant au pays organisateur, il va se coltiner le Cameroun en quart. Véritables compétiteurs, les Lions indomptables sont arrivés au Maroc avec de jeunes joueurs peu connus du grand public.
Ce grand chamboulement voulu par le président de la Fécafoot, Samuel Eto’o semble porter ses fruits, car le Cameroun fat beaucoup mieux que lors de la précédente édition. Habitué à jouer de vilains tours au pays hôte, le Continent a l’occasion de rééditer l’exploit de 1988, sur ces mêmes terres face au même adversaire. Devant, il y’aura le Maroc, porté par tout un peuple et qui n’a qu’un seul objectif, remporter le trophée qui le fuit depuis 1976.
Assane Diallo




