CAN 2025 – Trophée, médailles, prime : Les avocats du Sénégal dévoilent ce que la CAF n’a pas dit

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La bataille juridique autour de la finale controversée de la CAN 2025 prend une nouvelle tournure. Depuis Paris, les avocats de la Fédération sénégalaise de football (FSF) dénoncent une décision entachée d’irrégularités et annoncent une offensive devant le Tribunal arbitral du sport. Révélations, contestations et enjeux majeurs : le bras de fer s’intensifie.

 

Une contre-offensive judiciaire lancée depuis Paris

La Fédération sénégalaise de football (FSF) passe à l’offensive. Réunis ce jeudi à Paris, les avocats de l’instance ont affiché leur détermination à porter le dossier de la finale de la CAN 2025 devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), ultime juridiction en matière de contentieux sportif.

Face à la presse internationale, Me Seydou Diagne, coordonnateur du collectif, a levé le voile sur un élément jusqu’ici peu connu du grand public.
« Je vais vous dire une chose qui n’est pas connue du grand public pour des tas de raisons, mais qui n’est pas incompatible avec la procédure d’arbitrage qui est en cours », a-t-il déclaré d’emblée.

Des révélations sur la décision de la CAF

Selon l’avocat, la décision du jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) est loin de correspondre à certaines interprétations relayées. Il révèle que la Fédération royale marocaine de football avait formulé quatre demandes principales : constater le retrait du Sénégal, attribuer la victoire sur tapis vert, retirer le titre au Sénégal, récupérer trophée, médailles et prize money (prime de victoire).

Si les deux premières requêtes ont été validées, les deux dernières ont été rejetées. « Mais le Maroc demande deux choses encore plus importantes : c’est que le titre soit retiré à l’équipe victorieuse sur le terrain, qui est le Sénégal et que les médailles et le prize money, les récompenses, lui soient donnés. Les deux dernières demandes ont été rejetées par le jury d’appel », précise Me Diagne.

Il insiste également sur un point fondamental : « Le jury d’appel, dans le dispositif qui nous a été notifié, a clairement indiqué qu’il rejetait toutes les autres demandes de la fédération royale marocaine. Le tapis vert est constaté 3-0. Le retrait de l’équipe du Sénégal est constaté. Mais les demandes de restitution du trophée, du prize money, la demande de couronnement du Maroc, sont rejetées ».

« Aucune décision de restitution » : la FSF rassure

Dans ce contexte, la FSF se veut catégorique : aucune obligation de restitution n’a été prononcée. « Il n’y a aucune décision à ce jour de la CAF, de son jury d’appel, qui ordonne à la fédération sénégalaise de football ou à la sélection nationale, de restituer les médailles et de restituer le trophée acquis sur le terrain. Cette décision n’existe pas », martèle l’avocat. Un message adressé aux supporters sénégalais, mais aussi à tous ceux « qui croient au droit ».

Une procédure vivement contestée

Au-delà du fond, la défense sénégalaise dénonce la forme. Me Diagne n’a pas hésité à qualifier la décision de la CAF de « grossière, absurde et irrationnelle », évoquant même une « atteinte inadmissible aux droits fondamentaux ».

Il revient sur une audience du 17 mars qu’il décrit comme chaotique : reports tardifs, défaut de notification, suspension inexpliquée… « C’est la partie marocaine qui nous a informés que l’audience était terminée », affirme-t-il, dénonçant une situation « incroyable » et « inacceptable ».

Le TAS, ultime recours stratégique

Face à ces irrégularités présumées, la FSF a décidé de saisir le TAS. Pour renforcer son dispositif, elle s’est attaché les services de Me Juan de Dios Crespo Pérez, spécialiste reconnu du droit du sport.

Pour les avocats sénégalais, l’enjeu dépasse largement le cadre d’un simple litige sportif. « Ce n’est pas seulement une atteinte à la FSF, c’est une atteinte au football », disent-t-ils.

Le Maroc débouté sur l’essentiel

Sur le plan strictement juridique, la FSF estime avoir un argument majeur : le rejet des demandes marocaines les plus décisives. Aucune décision ne retire le trophée au Sénégal, n’attribue les médailles au Maroc, ne transfère le prize money estimé à 10 millions de dollars (environ 5,2 milliards FCFA). « Il n’existe aucune décision déclarant le Maroc champion d’Afrique », insistent les avocats.

Une mise en garde ferme contre toute manipulation

La FSF alerte également sur un point sensible : l’absence de notification détaillée de la décision plusieurs jours après le verdict.

Elle met en garde contre toute modification ultérieure du dispositif initial, notamment sur le rejet des demandes marocaines. « Ce serait pire qu’un crime, ce serait un faux », avertit Me Diagne.

Une affaire aux conséquences majeures

Au-delà du duel entre Dakar et Rabat, cette affaire pourrait faire jurisprudence dans le football africain. Pour la FSF, valider une telle décision reviendrait à fragiliser les principes fondamentaux du sport, en donnant le primat aux procédures juridiques sur les résultats du terrain.

Désormais, tous les regards sont tournés vers le Tribunal arbitral du sport, appelé à trancher définitivement ce dossier explosif. Une décision très attendue, susceptible de redéfinir les contours de la justice sportive, en Afrique comme à l’échelle internationale.

Raune

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