Officiellement programmée du 17 mars au 3 avril, la CAN féminine 2026 a été reportée par la CAF au cœur d’un climat de tensions et d’incertitudes. Prévue désormais du 25 juillet au 16 août, la compétition continentale paie les turbulences politiques et organisationnelles qui entourent son organisation au Maroc.
Le suspense aura duré jusqu’au bout. Dans un communiqué publié ce jeudi, la Confédération africaine de football (CAF) a officialisé le report de la Coupe d’Afrique des nations féminine 2026, initialement programmée du 17 mars au 3 avril au Maroc. La compétition se tiendra finalement du 25 juillet au 16 août 2026, soit quelques jours après la fin de la Coupe du monde de football 2026, prévue du 11 juin au 19 juillet.
Dans l’air depuis plusieurs jours, la décision était déjà actée en coulisses. L’instance continentale a invoqué dans son communiqué de « certaines circonstances imprévues » après des discussions avec la FIFA et « d’autres parties prenantes », afin d’« assurer le succès de cette importante compétition féminine ». Une justification brève, presque minimaliste, qui laisse dans l’ombre les véritables raisons de ce report spectaculaire.
Car le timing interroge. L’officialisation intervient à moins de deux semaines du coup d’envoi initial, alors que plusieurs sélections étaient déjà entrées en stage de préparation. Un couac organisationnel de grande ampleur pour ce qui constitue la vitrine du football féminin africain.
En coulisses, le dossier semble bien plus politique. La CAF aurait finalement cédé aux tensions avec le Maroc, pays hôte désigné depuis octobre 2024. Toujours marqué par la défaite en finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 à domicile et peu satisfait des sanctions infligées par l’instance continentale à l’issue de cette compétition, le royaume chérifien n’aurait jamais totalement affiché son enthousiasme à quelques jours du tournoi féminin. Un report qui entretient encore le flou sur les conditions exactes d’organisation de l’épreuve.
La décision de la CAF intervient d’ailleurs au lendemain d’une sortie très musclée du ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie, qui n’a pas hésité à proposer ouvertement son pays comme solution de rechange. « La situation autour de la CAN féminine est très préoccupante. Nous ne laisserons pas le football féminin être traité de cette manière », a-t-il lancé, avant de tacler frontalement Rabat. « Si le Maroc ne veut pas accueillir la compétition, l’Afrique du Sud est prête. Nous avons les stades et nous n’attendons personne ».
Dans un tacle plus politique encore, McKenzie a également fait référence à la victoire du Équipe du Sénégal de football lors de la CAN masculine : « Est-ce que tout le monde doit souffrir parce que le Sénégal a gagné ? Si le Sénégal n’avait pas remporté la finale, serions-nous encore dans cette incertitude ? Le Maroc doit accepter que le football est un jeu : parfois on gagne, parfois on perd ».
Entre tensions diplomatiques, communication tardive et incertitudes logistiques, cette CAN féminine 2026 démarre déjà dans un climat trouble. Et le report décidé par la CAF ressemble moins à une simple réorganisation du calendrier qu’à un aveu d’impuissance face aux turbulences qui agitent le football africain.
Raune





