L’escalade militaire entre l’Iran et les États-Unis met à rude épreuve les capacités de défense de Washington. Depuis la rupture du cessez-le-feu, Téhéran intensifie ses attaques à l’aide de missiles balistiques et de drones, contraignant les forces américaines à puiser massivement dans leurs réserves de missiles intercepteurs.

Si l’administration américaine se veut rassurante, plusieurs responsables militaires et experts estiment que ces stocks stratégiques diminuent à un rythme préoccupant.

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a rejeté toute inquiétude concernant les capacités de l’armée, affirmant que les États-Unis disposent des moyens nécessaires pour faire face à la menace. Le Pentagone, toutefois, refuse de communiquer le volume exact de ses réserves.

Interrogé sur la question, le président Donald Trump a assuré que les stocks restaient suffisants, tout en reconnaissant qu’ils devaient être renforcés. Il en a profité pour accuser son prédécesseur, Joe Biden, d’avoir affaibli les capacités américaines en transférant un grand nombre de missiles à l’Ukraine pour soutenir sa défense contre la Russie.

Mais derrière ce discours officiel, les signaux d’alerte se multiplient. Selon plusieurs médias américains, le chef d’état-major des armées, le général Dan Caine, aurait exprimé ses inquiétudes face à l’épuisement progressif des réserves de missiles intercepteurs.

Ces préoccupations sont corroborées par une étude du Center for Strategic and International Studies (CSIS). Le centre de recherche estime que les États-Unis disposaient initialement de plus de 2 300 missiles Patriot et d’environ 450 systèmes THAAD. Après cinq mois de conflit, ces réserves auraient déjà été réduites de moitié.

« Nous utilisons nos intercepteurs pour protéger les militaires américains déployés dans la région », a reconnu le sénateur démocrate Chris Van Hollen. Il a toutefois averti que cette consommation quotidienne pourrait fragiliser la capacité des États-Unis à répondre à d’autres crises majeures si elles survenaient simultanément.

Face à cette pression croissante, Washington accélère sa production d’armements. Donald Trump a annoncé la construction de nouvelles usines et une montée en puissance de la fabrication des systèmes Patriot, considérés comme essentiels à la défense aérienne américaine.

Dans le même temps, le département de la Défense a conclu un contrat historique de 58,6 milliards de dollars avec le groupe Lockheed Martin pour la production de missiles Patriot sur une période de sept ans. L’industriel américain promet d’augmenter son rythme de fabrication à un niveau inédit.

Malgré ces investissements massifs, les analystes du CSIS restent prudents. Selon eux, si la guerre se prolonge ou si un nouveau théâtre d’opérations venait à s’ouvrir, les États-Unis pourraient rapidement faire face à une pénurie de missiles intercepteurs, mettant à l’épreuve leur capacité à protéger leurs forces et leurs alliés.

Source : AFP

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