Crise au GFM : les travailleurs dénoncent une restructuration “opaque et brutale”

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Rien ne va plus au Groupe Futurs Médias (GFM). Face à la crise que traversent les médias au Sénégal, la Direction générale a engagé une procédure de restructuration. Une décision qui passe mal auprès des travailleurs.

Réunis autour de leur syndicat, le SYMPICS section GFM, les délégués du personnel ont exprimé, dans un communiqué, leur vive indignation face à ce qu’ils qualifient de décision unilatérale. Selon eux, la Direction a lancé cette procédure sans chercher au préalable des solutions alternatives avec les représentants des travailleurs.

Ils dénoncent une démarche « précipitée et opaque » qui, affirment-ils, constitue une violation grave des principes élémentaires du dialogue social. « Elle intervient dans un contexte déjà marqué par une précarité alarmante, où plusieurs employés accusent près de trois mois d’arriérés de salaire. Aucun plan de sauvegarde, aucune mesure d’accompagnement, aucune alternative n’ont été proposés. Les travailleurs sont mis devant le fait accompli, dans le mépris total de leur dignité et de leur engagement professionnel », peut-on lire dans le document.

Le communiqué met également en cause l’implication de l’ancien inspecteur régional du travail de Dakar, M. Téne Gaye. « La Direction, accompagnée de ce dernier, tente de faire passer en force une opération de licenciement collectif qui s’apparente à une forfaiture sociale », écrivent-ils. Une posture qu’ils jugent autoritaire et déconnectée des réalités humaines, exposant des dizaines de familles à une insécurité brutale, alors que ces mêmes travailleurs ont contribué, depuis plus de quinze ans, à la construction et à la stabilité de l’entreprise, souvent dans des conditions très difficiles.

Face à cette situation qu’ils jugent intolérable, les travailleurs de GFM annoncent un vaste rassemblement pour dénoncer ce qu’ils qualifient de dérive managériale et faire entendre leur voix. Un mouvement qui sera, disent-ils, « pacifique mais déterminé », porté par des revendications légitimes de femmes et d’hommes refusant d’être sacrifiés au nom d’une logique froide et arbitraire.

Ils interpellent solennellement les autorités de la République, garantes du respect des droits sociaux et de la justice, ainsi que l’opinion publique et les institutions compétentes, afin qu’elles prennent toute la mesure de cette crise et enquêtent sur les méthodes utilisées par la Direction. Enfin, ils appellent la Direction générale du GFM à « revenir à la raison, renouer avec les principes de transparence, de respect et de responsabilité », rappelant que « le personnel n’est pas une variable d’ajustement, mais la colonne vertébrale de toute entreprise digne de ce nom ».

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