Lors de l’ouverture de l’édition 2025 du Dialogue national, ce mercredi 28 mai, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu un discours empreint de gravité et de détermination, appelant à la mémoire, à l’apaisement et à une transformation profonde du système politique sénégalais.
Face à une assemblée réunissant représentants du gouvernement, membres de l’opposition, société civile et forces vives de la Nation, le chef de l’État a placé son intervention sous le signe du devoir de mémoire, de la réconciliation et de la réforme. « Les tensions qui ont traversé le Sénégal sont encore très vivaces pour être oubliées », a-t-il déclaré, en référence aux crises politiques récentes ayant secoué le pays entre 2021 et 2024.
Dans un geste solennel, il a rendu hommage à ceux qui ont perdu la vie lors des luttes démocratiques. « En ma qualité de président de la République, je m’incline devant la mémoire des victimes de cette lutte démocratique », a-t-il affirmé, ajoutant plus loin : « Je m’incline avec respect devant la mémoire de toutes les victimes qui, depuis l’indépendance, jalonnent le douloureux chemin de notre marche vers une démocratie achevée ».
Souhaitant faire de son mandat un vecteur de réconciliation, Bassirou Diomaye Faye a réitéré sa volonté de gouverner dans l’esprit d’unité nationale. « Mon rôle est de tendre la main à tous pour rassurer, rassembler, apaiser et réconcilier afin de conforter la paix et la stabilité indispensables au développement économique de notre pays », a-t-il soutenu dans un ton rassembleur.
Le président a insisté sur le caractère anticipatif et structuré du dialogue en cours. « J’ai engagé, en toute responsabilité, un dialogue national sur notre système politique. Un dialogue voulu, non subi. Un dialogue d’anticipation, non de réaction », a-t-il dit, précisant qu’il souhaite « un dialogue ouvert, sincère et rigoureusement structuré ».
Bassirou Diomaye Faye a également pointé la nécessité de réformer les fondements institutionnels pour répondre aux aspirations d’un peuple en éveil. « Dans un monde en mutation et une société en éveil, face à un peuple exigeant, cette architecture doit être repensée, ajustée, rénovée pour garantir la justice, renforcer la confiance en nos institutions et construire durablement la légitimité des dépositaires du pouvoir », a-t-il ajouté.
« L’opposition sera respectée et exercera ses droits librement »
Sur le plan politique, le président a réaffirmé son engagement envers les libertés démocratiques et le respect de l’opposition. « Le gouvernement assumera la plénitude de sa mission. L’opposition sera respectée et exercera ses droits librement dans le respect de la loi », a-t-il assuré, précisant que cette volonté s’inscrit « en dehors de toute échéance électorale », dans un souci d’apaisement et de dialogue sincère.
Appelant à une transformation en profondeur du système électoral, il a souligné que « nous devons nous garder de l’immobilisme ou du statu quo ». Aussi, il a insisté sur la nécessité « d’expurger de notre système électoral toute germe de dissension ».
Enfin, saluant l’implication des participants et du facilitateur général, Dr Cheikh Guèye, le président a interpellé la responsabilité collective des acteurs engagés dans ce processus. « Le peuple sénégalais nous observe », a-t-il avertit.
Raune




