Face à la pression sur ses finances publiques, le Sénégal compte mobiliser davantage l’épargne de sa diaspora grâce aux « Diaspora Bonds ». Selon une étude du cabinet A&A Strategy, cette stratégie pourrait permettre de capter jusqu’à 1.218 milliards de FCFA supplémentaires d’ici 2034.
Actuellement, les Sénégalais de l’étranger transfèrent une partie importante de leurs revenus au pays, mais 75 % de ces fonds servent principalement à la consommation des ménages. En 2024, l’épargne totale de la diaspora est estimée à 3.527 milliards de FCFA, dont 1.545 milliards restent dans les pays d’accueil.
L’étude prévoit qu’à l’horizon 2034, l’épargne de la diaspora atteindra 7.148 milliards de FCFA. En mettant en place des produits financiers attractifs, sécurisés et transparents, l’État pourrait orienter une part plus importante de cette épargne vers des investissements productifs, portant les transferts productifs cumulés à 3.311 milliards de FCFA, soit l’équivalent de 9 % du PIB.
Les experts soulignent que la réussite des « Diaspora Bonds » dépendra de plusieurs facteurs : la confiance dans les institutions, la transparence dans l’utilisation des fonds, la digitalisation des services, ainsi que des rendements compétitifs et des garanties contre les risques financiers. L’exemple du Pakistan, qui a mobilisé près de 12 milliards de dollars grâce à son programme « Roshan Digital Account », est cité comme modèle.
Par ailleurs, les transferts de la diaspora sénégalaise ont fortement progressé ces dix dernières années, passant de 1.029 milliards de FCFA en 2013 à 1.982 milliards de FCFA en 2024, représentant aujourd’hui environ 11 % du PIB, un niveau supérieur à celui de l’aide publique au développement.
Source: Le Soleil



