Le journaliste Simon Faye, rédacteur en chef de Sen TV et de la radio ZIK FM (groupe D-Media), a été placé en garde à vue depuis le jeudi 10 avril au commissariat du Port, à Dakar. Il est poursuivi pour diffusion de fausse nouvelle, en lien avec un article relayé sur une page Facebook se présentant comme affiliée à Zik FM. Il doit être présenté au parquet le lundi 14 avril.
L’article à l’origine de cette affaire, intitulé « Crise politique au Sénégal : Ouattara convoque Ousmane Sonko à Abidjan », a d’abord été publié par le site Afrique Confidentielle. Bien que Simon Faye ne soit ni l’auteur ni le premier diffuseur du texte, les autorités ont décidé de le convoquer dans le cadre de l’enquête menée par la Brigade des affaires générales (BAG). Sa garde à vue a été prolongée, malgré ses explications affirmant qu’il ignorait jusqu’à l’existence de la page Facebook en question.
Lors de son audition, Simon Faye a indiqué que cette page, prétendument liée à Zik FM, n’est pas gérée par sa rédaction et que les policiers eux-mêmes l’ont informé de son existence. Aucun journaliste placé sous sa responsabilité ne serait impliqué dans la diffusion du contenu incriminé. Ces éléments n’ont cependant pas empêché le maintien de la garde à vue du journaliste, suscitant l’indignation dans les milieux professionnels.
En réaction, le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS) est monté au créneau pour dénoncer une arrestation jugée « injuste et inquiétante ». Dans un communiqué officiel, le syndicat exprime son soutien total à Simon Faye, qu’il décrit comme un professionnel irréprochable, respectueux des règles d’éthique et de déontologie journalistique.
« Cette méthode rappelle des pratiques d’un autre temps, faites d’arrestations et de pressions contre les journalistes », déplore le SYNPICS, qui souligne que Simon Faye n’a jamais été inquiété par la justice auparavant. Le syndicat appelle à sa libération sans délai, arguant que la presse sénégalaise a encore besoin de professionnels intègres comme lui.
L’affaire suscite un large émoi dans le paysage médiatique sénégalais, alors que les tensions entre presse et autorités se multiplient. L’audition de Simon Faye prévue lundi pourrait marquer un tournant, tant sur le plan judiciaire que dans le débat sur la liberté de la presse au Sénégal.
Raune





