Le compte à rebours est lancé. Mardi 8 septembre 2026, à 10 heures, Ahmadou Al Aminou Lo montera à la tribune de l’Assemblée nationale pour sa Déclaration de politique générale. Un exercice solennel, certes. Mais surtout un examen de passage grandeur nature pour un Premier ministre que les Sénégalais n’ont, jusqu’ici, vu qu’à l’œuvre jamais entendu s’expliquer.

Le rendez-vous, initialement prévu le 1er septembre, a été décalé pour cause de procédures parlementaires liées à la session extraordinaire. Une semaine de sursis. Pas de quoi désamorcer la pression.

Car depuis sa nomination en mai 2026, Lo gouverne sans feuille de route officielle, sans cap formellement assumé devant la représentation nationale. Le 8 septembre, ce flou devra cesser. Place aux actes ou du moins aux engagements chiffrés.

L’économie, juge de paix 

Impossible d’y échapper : les finances publiques exsangues, la dette qui inquiète, la vie chère qui use la patience des ménages  tout converge vers ce même point de tension. Le Premier ministre n’aura pas droit à l’esquive. On ne lui demandera pas de diagnostiquer la crise  tout le monde la connaît. On voudra des solutions, un calendrier, des chiffres.

La jeunesse, en embuscade

Chômage endémique, avenir bouché pour des milliers de jeunes diplômés : la question de l’emploi sera scrutée à la loupe. Des annonces générales sur “l’entrepreneuriat” ne suffiront plus. Il faudra du concret des dispositifs, des financements, des délais.

Un chantier tentaculaire

Souveraineté alimentaire, école, santé, aménagement du territoire, réduction des inégalités entre régions : la liste des urgences est longue, presque vertigineuse. S’y ajoutent les questions institutionnelles gouvernance, transparence, réformes promises, calendrier électoral autant de sujets où le gouvernement est attendu au tournant, sous peine de nourrir la défiance.

Le vrai enjeu : la crédibilité

Au fond, une seule question domine toutes les autres : Lo saura-t-il transformer les mots en preuves ? Les Sénégalais n’ont plus d’appétit pour les grandes déclarations d’intention. Ils veulent des priorités nettes, des engagements datés, un chronogramme vérifiable.

Le 8 septembre, ce n’est donc pas un simple discours qui se jouera à l’Assemblée. C’est la crédibilité d’un gouvernement entier qui sera mise sur la table et, avec elle, un signal déterminant sur la trajectoire du Sénégal pour les mois à venir.Plus qu’une DPG, un test de vérité.

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