Droits de douane : La guerre commerciale de Trump frappe en Afrique

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Trump fait vaciller l’économie mondiale ! S’ils découvrent le plan Donald Trump présenté mercredi 2 avril dans la soirée à Washington, «pour en finir avec l’arnaque que fait subir le reste du monde à l’Amérique», Adam Smith et David Ricardo, les deux inventeurs du libre-échange moderne, vont se retourner dans leur tombe. La rafale des droits de douane infligés à plus de 180 pays dont 45 en Afrique, enterre de facto les accords qui ont abouti à la création de l’OMC au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Fidèle à sa rhétorique nationaliste et suprémaciste, le président américain a sorti son canon pour dégainer des tarifs douaniers ciblant le monde entier, des droits présentés comme une politique de «droits de douane réciproques». «Le jour de la libération est arrivé», a proclamé Trump dans un discours musclé, expliquant que les pays imposant des taxes élevées sur les produits américains se verront appliquer des tarifs équivalents au minimum, voire plus élevés. A défaut d’accord bilatéral, tous les pays seront assujettis à 10% de droits de douane plancher, supplémentaires.

Dans certains cas, la facture est plutôt salée. Madagascar par exemple, écope du tarif le plus élevé qui frappe les pays africains, avec 47%, suivi du Botswana (37%) et de l’Angola (32%). L’Afrique du Sud et l’Algérie, pourtant classées parmi les principales économies africaines, seront assujetties à 30% de droits de douane.

En Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire apparaît comme le pays le plus durement sanctionné avec un taux de 21%, loin devant le Nigéria, taxé à 14%. Les autres pays de la sous-région, notamment ceux de l’UEMOA, sont soumis à la taxation minimale de 10%.

Pour Donald Trump, cette approche, qu’il qualifie ironiquement de «gentille», est censée contraindre les pays ciblés à négocier, dans l’optique de conclure des accords commerciaux bilatéraux plus favorables aux Etats-Unis. Mais pour de nombreux pays en développement, cette politique pourrait fragiliser leurs industries exportatrices, souvent dépendantes de l’accès au marché américain.

Selon Josh Lipsky, directeur du GeoEconomics Center de l’Atlantic Council cité par notre confrère Sikafinance, ces droits de douane sont conçus pour jouer sur plusieurs tableaux : outil de pression diplomatique, levier budgétaire et mécanisme de réindustrialisation.

«On demande à ces tarifs douaniers de faire beaucoup de choses : servir de levier de négociation, générer des milliers de milliards de dollars de revenus, et relocaliser la production. Mais c’est une stratégie à haut risque», met-il en garde.

Pas sûr qu’il soit entendu par l’hôte de la Maison Blanche qui a récemment déclaré «qu’il se fichait de la hausse des prix que subiraient les ménages américains à la suite de ces droits de douane».

(Source : Afrimag.net)

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