Le Sénégal dispute son quart de finale demain, à 17 heures locales, au stade Ibn Batouta de Tanger, face au Mali. Une confrontation qui s’annonce des plus palpitantes et indécises, même si beaucoup d’observateurs s’accordent à vêtir les Lions du costume de favori, il leur faudra le prouver sur le pré.
Auteur de dix réalisations depuis le début du tournoi, contre trois pour son adversaire, le Sénégal peut se targuer d’avoir trouvé la formule face à des blocs bas. Seul le Congo est parvenu à enrailler cette mécanique en décrochant un nul, pour n’avoir pas su conserver cette avance, le temps d’une éclipse.
Sinon, les poulains de Thiaw, sûrs de leur fait, ont toujours essayé d’être dépositaires du jeu avec une large possession. Jouant bien dans les intervalles et sur les côtés, ils sont toujours parvenus à leurs fins. Presque tous les buts portent cette marque de fabrique, travail sur les côtés et réception dans l’axe. Surtout que dans cette sélection, tous les attaquants ont inscrit au moins un but- à l’exception de Boulaye Dia qui n’est entré en jeu qu’en seconde période face au Soudan pour ses débuts dans la compétition, ce qui lui offre une variété dans les choix à opérer, car tout le monde se sent concerné.
Face au Mali, qui est passé par un trou de souris pour en arriver en quart, la donne risque d’être différente, à peu d’égard. Car les maliens sont bien installés au milieu avec un quator qui gêne considérablement l’élaboration du jeu adverse. Une machine à te faire subir des embardées et te sortir de la route.
Souvent dans un bloc bas assez compact avec presque cinq milieux qui basculent au gré de la position du ballon et qui ferment bien les intervalles, ils jouent en transition, avec seul Sanayogo sur le front de l’attaque. Une différence de style et d’approche qu’il faudra briser rapidement en essayant de trouver la faille.
Sur le fil des historiques, il est vrai que le Sénégal prend largement le dessus avec plus de victoires à la clef, et pas une seule défaite en Coupe d’Afrique. Seulement le contexte changeant, voudrait que l’on s’y prenne avec une certaine rigueur. Tant et si bien que le défi physique ne pourrait être occulté au cours de cette rencontre, car le relever entrerait en droite ligne des exigences d’un quart et d’une éventuelle place en demie.
Ce genre de match couperet nécessite un engagement de tous les instants et une grande dose de lucidité. Il ne faudrait pas tomber dans le piège des maliens qui voudront que le match l’enlise afin de se sentir au mieux. Patience et précision pourraient être les mots clefs, en sus des vertus dont les Lions ont fait montre depuis le début de cette CAN. Un statut de favori ne se décrète pas, il s’assume. Aux Lions de s’assumer et de l’assumer.
Assane Diallo
Envoyé spécial à Tanger




