Ce 20 mars 2025, le Comité International Olympique (CIO) a procédé à l’élection de son nouveau président lors de sa 144e session. Sept candidats étaient en lice pour ce poste prestigieux. En analysant les résultats, le constat qui se dégage est celui d’un dénouement inattendu.
Certes, Kirsty Coventry qui est sorti vainqueur était la favorite et bénéficiait de soutien affiché du président sortant, Thomas Bach. Mais personne n’imaginait que l’ancienne nageuse et ministre des Sports du Zimbabwe remporterait cette élection dès le premier tour avec 49 voix, soit exactement la majorité requise des votes valides des 97 suffrages exprimés.
L’élection d’une femme, africaine de surcroît, témoigne d’un fort soutien au sein du CIO, consolidé par son expérience en tant que présidente de la commission des athlètes et son engagement pour l’avenir du mouvement olympique. Ancienne nageuse, plusieurs fois médaillés aux JO, elle est en effet membre du CIO depuis 2013, soit un an seulement après la fin de carrière. Cette élection est donc une consécration pour cette femme d’à peine 41 ans, qui siège au Comité exécutif du CIO depuis 2018.
Juan Antonio Samaranch Jr relégué au second rang
Fils de l’ancien président du CIO Juan Antonio Samaranch Sr., Juan Antonio Samaranch Jr. arrive en deuxième position avec 28 voix. Vice-président du CIO et membre influent de l’institution, il a bénéficié d’un large soutien mais insuffisant pour rivaliser avec Coventry.
Par contre, pour l’ancien champion olympique et président de World Athletics, Lord Sebastian Coe, c’est un gros échec dont il est question. Le Britannique n’a récolté que 8 petites voix. Malgré son influence dans le monde du sport, il n’a pas réussi à fédérer une majorité autour de sa candidature.
Autre prétendant qui n’a pas fait le poids au final, c’est le président de la Fédération Internationale de Gymnastique, Morinari Watanabe. Avec à peine 4 voix, le Japonais réalise un score relativement modeste qui montre qu’il n’a pas réussi à mobiliser un soutien large parmi les membres du CIO.
Le prince Jordanien Feisal Al Hussein, membre du CIO et engagé dans la promotion du sport dans le monde arabe, ainsi que le Suédois Johan Eliasch, président de la Fédération Internationale de Ski et Snowboard, terminent ex æquo avec 2 voix chacun. Leur faible score indique qu’ils étaient des candidats marginaux dans cette élection.
Idem pour le président de l’Union Cycliste Internationale, David Lappartient. Le Français termine également avec 2 voix, ce qui confirme une candidature symbolique sans réel espoir de victoire.
Une présidente élue légitime et consensuelle
Ce résultat marqué par une claire victoire de Kirsty Coventry et l’échec de Juan Antonio Samaranch Jr., malgré son influence et son héritage familial, témoigne d’un vote tourné vers une nouvelle génération de dirigeants. Cette élection illustre donc une volonté de renouvellement au sein du CIO, avec la nomination d’une femme à la présidence, une première historique, qui pourrait marquer un tournant dans la gouvernance du sport mondial.
Avec une majorité obtenue dès le premier tour, Kirsty Coventry s’impose comme une présidente élue légitime et consensuelle. Son mandat sera scruté de près, alors que le CIO cherche à moderniser ses actions et à renforcer la crédibilité des Jeux Olympiques à travers le monde.
Raune




