Le calendrier électoral s’installe dans la controverse. À quelques mois de l’échéance des mandats locaux, aucune date officielle n’est encore annoncée pour les prochaines élections territoriales. Une situation qui pousse désormais Pastef-Les Patriotes à sortir de sa réserve.
Dans un communiqué publié le 4 septembre, le parti dirigé par Ousmane Sonko accuse le gouvernement et la CENA de laisser le processus électoral dans l’impasse. Après des démarches auprès du ministère de l’Intérieur et de la CENA, Pastef dit avoir obtenu des réponses qu’il juge incompatibles avec l’esprit du Code électoral.
Le flou sur la date devient politique
Pour Pastef, l’argument selon lequel aucun délai précis ne contraindrait l’exécutif à fixer la date du scrutin ne tient pas. Le parti considère que le décret convoquant le corps électoral constitue le point de départ indispensable du processus.
Derrière cette bataille d’interprétation juridique, une question simple se pose : le silence administratif peut-il finir par produire un report électoral de fait ?
C’est précisément ce que redoute Pastef. Le parti demande au président de la République de s’expliquer sur les raisons de l’absence de calendrier et de dire clairement si des circonstances particulières justifieraient un éventuel report.
La Commission électorale nationale autonome n’échappe pas aux critiques. En estimant que son contrôle commence avec la révision des listes électorales, la CENA adopte, selon Pastef, une lecture trop restrictive de ses prérogatives.
Le parti pose alors une question lourde de sens : si l’exécutif ne déclenche pas le processus, qui peut l’obliger à avancer ?
Pour Pastef, la CENA ne peut rester spectatrice d’un éventuel blocage. Ses pouvoirs de contrôle et de prévention des violations de la législation électorale devraient, estime le parti, lui permettre d’intervenir en amont.
Cette offensive intervient dans un contexte politique encore marqué par le précédent report électoral. Pastef y voit un précédent inquiétant et accuse désormais le pouvoir de renouer avec des pratiques qu’il dénonçait lorsqu’il était dans l’opposition.
L’enjeu dépasse donc la simple publication d’un décret. Il touche à la confiance dans les institutions, au respect du calendrier électoral et, plus largement, à la crédibilité du processus démocratique.



