Lors du dernier Conseil des ministres, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a placé l’Enseignement supérieur au centre des priorités gouvernementales. Face aux tensions récurrentes dans les universités publiques et aux difficultés de financement du secteur, le chef de l’État a demandé une remise à plat globale pour refonder le système sur des bases consensuelles et durables.
Dès l’entame de sa communication, le Président a pointé l’instabilité académique et sociale qui perturbe régulièrement le fonctionnement des campus publics. Il a ainsi instruit le Premier ministre de procéder à une évaluation complète de l’exécution du Plan d’urgence pour l’Enseignement supérieur, afin de mesurer les avancées et les retards enregistrés.
Le Président Diomaye Faye a également demandé aux ministres de l’Enseignement supérieur et des Infrastructures de finaliser l’évaluation du système Licence-Master-Doctorat (LMD) et d’établir, pour chaque université publique, un état des lieux précis : besoins prioritaires, chantiers académiques et sociaux, niveau d’avancement des infrastructures.
Digitalisation, ISEP et ENO : un virage stratégique pour adapter les formations
Estimant que la compétitivité de l’économie nationale dépend de la qualité des formations, le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’accélérer la digitalisation des enseignements et de la recherche. Il a appelé à renforcer l’Université numérique du Sénégal Cheikh Hamidou KANE et à poursuivre le développement des Espaces numériques ouverts (ENO), ainsi que des Instituts supérieurs d’Enseignement professionnel (ISEP), des structures jugées essentielles pour rapprocher l’apprentissage des besoins du marché du travail.
Audit généralisé des universités : vers une transparence totale des ressources
Le Président a rappelé que le grand défi du système éducatif reste l’employabilité des étudiants. Pour cela, il a souligné l’urgence de repenser les mécanismes de financement du secteur, afin de les rendre plus soutenables et innovants.
Dans une démarche de transparence, il a prescrit un audit systématique des dépenses et ressources dans l’ensemble des universités publiques. Des vérifications administratives et financières devront également être engagées, notamment dans les Centres des œuvres universitaires et sociales (COUS).
Le Premier ministre devra, à l’issue de ces travaux, présenter un plan d’actions prioritaires pour la gestion 2026 du secteur de l’Enseignement supérieur.
Recherche et innovation : cap sur le “Sénégal 2050”
Abordant la question de la recherche scientifique, le président de la République a rappelé son ambition de faire de l’innovation technologique un moteur de l’industrialisation du pays. Il a ainsi demandé le renforcement des structures nationales de recherche et des écoles d’ingénieurs afin de former une nouvelle génération de chercheurs et d’ingénieurs hautement qualifiés, conformément à la vision « Sénégal 2050 ».
Le chef de l’État a également souligné l’importance de développer les formations en Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques (STEM), en mettant un accent particulier sur la maîtrise du numérique et de l’intelligence artificielle, considérés comme des leviers stratégiques pour l’économie.




