Le Sénégal traverse une période d’incertitude politique qui ne laisse personne indifférent. Pour de nombreux observateurs, le climat actuel est marqué par une montée des tensions, où les rivalités politiques semblent désormais prendre le pas sur les débats de fond. Les querelles de positionnement, les attaques personnelles et les stratégies de déstabilisation occupent de plus en plus l’espace public, au détriment des préoccupations des citoyens.
Aujourd’hui, la classe politique peine à incarner le modèle que beaucoup de Sénégalais attendent. Chaque camp défend ses intérêts, parfois avec une telle intensité que l’intérêt général paraît relégué au second plan. Pendant ce temps, le citoyen assiste, souvent impuissant, à ce spectacle politique qui alimente les interrogations sur l’avenir du pays.
Depuis le limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature, de nouvelles accusations ont émergé. Le professeur Abdourahmane Diouf a notamment réclamé un audit portant sur une supposée enveloppe de 1,77 milliard de francs CFA par trimestre, évoquant également une demande de rallonge budgétaire. Ces déclarations viennent renforcer une perception déjà largement répandue dans certains milieux politiques et au sein de l’opinion : celle d’une volonté de tout mettre en œuvre pour empêcher Ousmane Sonko d’être un candidat crédible à l’élection présidentielle de 2029.
D’autres observateurs estiment que la situation est encore plus préoccupante. Selon plusieurs témoignages, des employés feraient l’objet de pressions et certains directeurs généraux seraient invités à afficher publiquement leur loyauté politique à travers des prises de position ou des publications sur les réseaux sociaux. Si ces informations étaient confirmées, elles soulèveraient de sérieuses questions sur la neutralité de l’administration.
Des informations relayées dans certains cercles évoquent également un projet d’un nouveau directeur général, de procéder au licenciement de 25 agents et de revenir sur plusieurs promotions accordées par son prédécesseur. À l’inverse, il est rappelé que son prédécesseurs, lors de sa prise de fonction, avait choisi de conserver le personnel en place et même de promouvoir certains agents.
Au-delà des personnes et des appartenances politiques, ces épisodes illustrent une réalité plus profonde : lorsque les changements politiques s’accompagnent de règlements de comptes ou de remises en cause systématiques de l’existant, c’est toute l’administration qui risque d’en pâtir. Une administration fragilisée perd en stabilité, en efficacité et en continuité, alors qu’elle devrait rester au service exclusif de l’État et des citoyens, indépendamment des alternances politiques.



