Le Bureau de l’Assemblée nationale et la Conférence des Présidents se réuniront ce mercredi pour statuer sur l’ouverture d’une procédure de mise en accusation contre deux anciens membres du gouvernement de Macky Sall, dans le cadre du scandale de la gestion des fonds Covid-19.
L’Assemblée nationale est appelée à jouer un rôle clé dans l’évolution judiciaire de l’affaire liée à la gestion controversée des 740 milliards de FCFA mobilisés durant la pandémie de Covid-19. Ce mercredi, le Bureau de l’Assemblée et la Conférence des Présidents sont convoqués pour examiner la recevabilité de la procédure visant deux anciens ministres : Mansour Faye, ex-ministre du Développement communautaire et de la Solidarité nationale, et Moustapha Diop, ex-ministre du Développement industriel et des PME-PMI.
Les deux hommes politiques sont cités dans un rapport accablant de la Cour des comptes sur la gestion du fonds spécial Force Covid-19, qui fait état de décaissements injustifiés, marchés fictifs, et paiements sans contrepartie réelle. Ces irrégularités ont ouvert la voie à une procédure de reddition des comptes devant la Haute Cour de justice.
Une procédure en plusieurs étapes
Avant toute audition devant la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice, la procédure doit franchir plusieurs étapes institutionnelles. La réunion du Bureau de l’Assemblée nationale et de la Conférence des Présidents sera suivie d’un examen par la Commission des lois, qui devra préparer les sessions plénières prévues pour le début de la semaine prochaine. C’est lors de ces séances que les parlementaires se prononceront sur l’adoption d’une résolution autorisant la mise en accusation formelle.
Selon le Procureur général Mbacké Fall, ce dossier pourrait n’être que le point de départ d’un processus judiciaire plus vaste. D’autres dossiers concernant des anciens ministres auraient déjà été transmis à l’Assemblée nationale. Par ailleurs, huit rapports d’audit mentionnent également des irrégularités dans plusieurs ministères, dont ceux de la Santé, des Mines, des Sports, de la Femme, de la Culture et de la Communication…
L’affaire, qui suscite une vive attention de l’opinion publique, marque un tournant dans la volonté affichée des nouvelles autorités de lutter contre la corruption et de promouvoir la reddition des comptes dans la gestion des affaires publiques. Ce, en dépit des accusations de règlements de comptes politiques.
Raune




