Fonds Covid et ANAMO : Primes indues, signatures falsifiées, prêts douteux et formations fantômes pour justifier des détournements

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Les révélations sur la gestion opaque des deniers publics se succèdent et se ressemblent. Deux affaires distinctes, mises au jour par le journal Libération, font état de nouveaux cas de détournements de fonds publics. L’un lié aux Fonds Covid-19, l’autre à des formations fictives au sein de l’Agence nationale de la maison de l’outil (ANAMO). Entre primes indues, fausses signatures et circuits de rétro-commissions, les autorités judiciaires sont désormais face à un écheveau de malversations qui éclaboussent plusieurs hauts responsables.

La Division des investigations criminelles (DIC) a procédé à une troisième vague de conduites dans l’enquête sur le scandale des Fonds Covid-19. Sont tombés cette fois Djiby Diakhaté, ancien Directeur de l’administration générale et de l’équipement (DAGE) du ministère de la Femme, son ancien collaborateur Ndongo Mbaye, ainsi que Mamadou Guèye Dramé, un bénéficiaire au centre des soupçons.

Les enquêteurs ont mis à jour un système de fraude autour de la caisse d’avance du ministère et des fonds destinés à la gestion de la pandémie. Parmi les irrégularités relevées : versement de primes indues, usage de fausses identités, imitations de signatures, rattachements fictifs à des structures prestataires, prêts non remboursés, ainsi que distribution répétée d’aides en numéraire. Des fausses décharges avec des signatures falsifiées ont également servi à justifier des décaissements sans fondement réel.

Lors de son audition, Djiby Diakhaté a tenté d’expliquer certaines anomalies par des « erreurs de reporting » et des dépenses mal documentées mais réelles, une défense qui n’a guère convaincu le parquet financier, devant lequel les mis en cause ont été déférés ce jeudi.

ANAMO : Des formations fantômes pour justifier des détournements

La Section de recherches (SR) de Thiès a de son côté mis au jour un autre stratagème au sein de l’ANAMO. À l’origine de l’enquête, il y a une plainte de la nouvelle direction générale qui a pris le relais de Maodo Malick Mbaye qui a dirigé cette Agence nationale de la maison de l’outils durant plus d’une décennie. Résultat a été l’arrestation de l’ancien Directeur administratif et financier, Omar Ndiaye, de l’actuelle Agent comptable particulier (ACP), une certaine Madame Ndiaye, ainsi que plusieurs fournisseurs.

Selon les enquêteurs, des formations professionnelles fictives ont été montées pour justifier des sorties de fonds. Les signatures de faux bénéficiaires auraient été imitées pour légitimer ces dépenses, permettant le paiement de fournisseurs complices, qui reversaient ensuite une partie de l’argent détourné. Un circuit bien huilé de rétro-commissions, qui a désormais été mis à nu. Plus de 15 mis en cause ont été présentés au procureur financier de Dakar ce vendredi, après leur garde à vue pour le délit d’escroquerie sur les deniers publics, à Thiès.

Deux enquêtes, une même mécanique : la prédation des fonds publics

Ces deux affaires illustrent une même logique de prédation, dans des contextes différents, mais selon des méthodes similaires. L’usage de documents falsifiés, le montage de fausses prestations, des complicités internes et des détournements organisés. Des pratiques qui fragilisent les institutions et appellent des sanctions exemplaires.

Raune

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