1995-2025. Trente ans après ses débuts sur les bancs à la suite d’une carrière de joueur solide, Carlo Ancelotti a-t-il connu sa dernière expérience de club au Real Madrid ? Le « Mister » quittera ses fonctions à la suite d’une saison qui laissera un goût amer sans toutefois altérer la légende de l’entraîneur qu’il fut, et qu’il est encore. Le 6 juin prochain, il enfilera un nouveau costume, pas le plus moche (ce qui veut dire beaucoup pour un homme de sa classe) : celui de sélectionneur du Brésil.
Il y a longtemps déjà que la sélection la plus mythique du football et l’un des, si ce n’est le plus grand entraîneur de club de l’histoire, se tournent autour. Désireuse de frapper fort, la Fédération brésilienne a, si l’on en croit la rumeur, reniflé la piste Zinedine Zidane avant de porter son choix sur Ancelotti. Une révolution culturelle évidemment : jamais, un entraîneur européen n’avait présidé à la destinée de la Seleçao. Avec ça, vient un corollaire : jamais un entraîneur aussi titré en Europe n’avait débarqué au pays du football.
Pas une Coupe du monde depuis 2002, une Copa America en 15 ans
Pour le Brésil, le choix de Carlo Ancelotti porte en lui évidemment beaucoup de choses. C’est un coup médiatique, un pari et une sacrée opportunité. Mais pour l’intéressé, la décision de quitter, temporairement ou non, le football de club n’en est pas moins importante. Il n’y a probablement guère que Pep Guardiola pour lui contester le titre de meilleur entraîneur de l’histoire. Tout au long de ses 30 ans sur les bancs, l’Italien a tout gagné et partout. La Serie A évidemment, la Liga, la Premier League, la Bundesliga et la Ligue 1 mais aussi cinq Ligues des champions. Ancelotti est un monument qui a relevé tous les défis.
Prendre les rênes du Brésil en est un énorme. Non seulement, la Seleçao n’a plus remporté le moindre titre mondial depuis 2002, soit deux décennies déjà, et une seule Copa America depuis quinze ans, mais en plus, son vivier actuel n’est pas le plus étoffé de son histoire. Bien sûr, Ancelotti retrouvera quelques-uns des talents qu’il mène déjà au Real Madrid. Vinicius Jr. d’abord mais aussi Rodrygo, Eder Militao ou… Endrick. Autant de joueurs avec qui il a connu une saison un peu bizarre, et notamment le dernier peu satisfait du temps de jeu qui lui a été accordé cette saison par son entraîneur italien.
Ancelotti, le bon choix ?
Ajoutez Raphinha à Rodrygo, Endrick et surtout Vinicius et vous obtenez un cocktail offensif détonnant capable de se comparer, à défaut de totalement rivaliser évidemment, avec ses glorieux devanciers. Le problème se situe ailleurs pour ce Brésil, en défense d’abord, au milieu ensuite où le manque de talent est criant. C’est aussi pour ça que le choix de Carlo Ancelotti peut surprendre. Le « Mister » n’a pas son pareil pour maîtriser des vestiaires constellés de stars et faire cohabiter tout ce beau monde. Est-il à l’inverse un magicien pour faire naître une équipe imbattable ou presque ?
Ce n’est qu’à l’aune de la Coupe du monde 2026 que sera jugé le passage de Carlo Ancelotti sur le banc du Brésil. A l’entraîneur titré des dizaines de fois en club, il ne manque qu’un sacre, le plus beau : la Coupe du monde. Refaire gagner le Brésil le ferait entrer un peu plus dans une légende où seul lui, et quelques autres peut-être, peuvent se sentir à l’aise. C’est un immense défi, un défi à sa hauteur.
Ce lundi, la Fédération brésilienne a annoncé l’arrivée de Carlo Ancelotti sur le banc de la sélection à compter des prochains matches qualificatifs pour la Coupe du monde dès le mois de juin. Un mariage ô combien excitant sur le papier pour une équipe en perte de vitesse dans la hiérarchie mondiale depuis de nombreuses années. Un beau défi pour l’Italien.
(Source : Eurosport)





