Il est des soirs où rien ne vous réussit, où rien ne semble prédestiné à vous laisser entrevoir le moindre espoir, la moindre chance de trouver la faille. Surtout quand l’adversaire érige deux murs pour vous compliquer la vie, tout en plaçant des banderilles qui pouvaient s’avérer mortelles. C’est en substance le résumé d’un soir qu’on aurait aimé enchanteur, qui finit par une grosse dose de frustration. Bref, un nul sans relief.
Le sélectionneur ghanéen, le chevronné Appiah avait bien préparé son équipe, loin des regards indiscrets à cette bataille. Benghazi en a livré toutes les aspérités. L’expérimenté de la génération championne d’Afrique en terre libyenne, en 1980, redoutait la force de frappe des Lions, raison de son dispositif hybride qui laisse des situations de un contre un avec une couverture assez stricte dans l’axe où la présence soudanaise était assez visible.
Leader inattendu du groupe B, il leur fallait sortir de cet épisode face au Sénégal avec moins de casse. Non seulement le Soudan a tenu la dragée haute aux poulains de Pape Thiaw, mais il a donné des sueurs très froides à l’arrière-garde pilotée par Kalidou Koulibaly.
Pourtant dans un dispositif initial très équilibré, les Lions pêcheront dans la transmission et surtout, dans le geste final. Ce lien pas très dynamique entre le compartiment médian et l’attaque ne favorisera pas la linéarité dans le jeu. On regrettera forcément cette opportunité matinale que Boulaye Dia n’a pas su exploiter. La finition idéale aurait changé la physionomie de la partie et permettre aux Lions d’exploiter l’espace et de bénéficier au mieux de la profondeur. Hélas !
On est resté dans le combat. Et par moments, on a subi la furia soudanaise qui a manqué lucidité dans le dernier geste. Itou pour le Sénégal qui est tombé sur un gardien (Moustapha) en état de grâce. Si ce n’est sa main ferme, c’est son explosivité sur sa ligne qui a annihilé les espoirs de scorer.
Au final, c’est l’histoire du vase à moitié plein ou à moitié vide. C’est ce sentiment mitigé qui anime le gros des observateurs, tant l’équipe aura manqué de forcer son destin. Que seuls les joueurs d’exception peuvent réussir, alors que personne ne s’y attendait. A Benghazi, les Lions en ont cruellement manqué. De fringance, de pugnacité, de caractère, bref de tout ce qui fait une équipe conquérante, même dans des conditions difficiles.
Au sortir de ce résultat décevant, pour cette 5e journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, le Sénégal n’en impose pas. Il quitte la seconde place du groupe (9 points) pour la troisième, derrière la RDC (10 points) et l’adversaire du jour, le Soudan (11 points). Certes, il n’y a pas encore péril en la demeure, mais la production laisse poindre quelques interrogations légitimes.
Heureusement qu’ils n’auront pas le temps de gamberger, le Togo les attend, ce mardi, à Diamniadio. Un match à gagner pour se relancer, pour rassurer des fans, et se donner de la confiance.
Assane DIALLO





