Georgi Minoungou, l’homme qui éclaire la CAN malgré l’ombre

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Que vaut un œil quand le cœur voit plus loin que tous les autres ? À la Coupe d’Afrique des nations 2025, Georgi Minoungou ne se contente pas de jouer : il marque les esprits, porte les Étalons et défie la logique médicale à chaque accélération.

Ailier droit virevoltant, explosif et imprévisible, le Burkinabè de 24 ans illumine le tournoi. Pourtant, depuis 2023, son œil gauche est définitivement privé de vision. Un verdict qui, selon les médecins, devait mettre fin à sa carrière. Sur les pelouses ivoiriennes de la CAN, Minoungou répond par le football, le vrai : celui qui se joue au courage, à l’instinct et à l’abnégation.

De la condamnation médicale à la résurrection sportive

Né à Batiebly-Douibly en Côte d’Ivoire d’une mère ivoirienne et d’un père burkinabè, Minoungou voit son destin basculer après une opération chirurgicale. Au réveil, les nerfs optiques sont nécrosés. La sentence tombe, froide et définitive : « carrière terminée ». Pour lui, c’est l’effondrement… puis le sursaut.

Refusant la fatalité, il entame un combat solitaire. Positionnement du corps, orientation des épaules, prise d’informations permanente : tout est retravaillé. Pendant cinq mois, dans l’ombre des terrains d’entraînement, il reconstruit son jeu. Le handicap devient un défi. L’obstacle, un moteur.

Une trajectoire fulgurante jusqu’à la CAN

L’impossible se produit. Cinq mois après l’opération, Minoungou rejoue. En août 2024, il signe un contrat de quatre ans avec l’équipe première de Seattle. En 2025, sa saison prend des allures de conte moderne : Coupe du monde des clubs, Leagues Cup remportée face à l’Inter Miami de Lionel Messi, et surtout, l’appel de la sélection burkinabè.

Chez les Étalons, l’intégration est rapide. Soutenu par Bertrand Traoré, il s’impose par son énergie et sa percussion. En novembre, il frappe un grand coup avec un doublé en amical face au Bénin. La CAN devient alors une évidence.

Minoungou, homme décisif des Étalons

Le 23 décembre, pour l’entrée en lice du Burkina Faso face à la Guinée équatoriale, il démarre sur le banc. Mais son entrée change tout. Dans le temps additionnel, sur l’un de ses premiers ballons, il égalise d’une frappe pleine d’audace. Le Burkina renverse le match et s’impose 2-1. Minoungou vient de lancer sa CAN.

Depuis, il enchaîne les performances solides, multiplie les courses, provoque, déséquilibre les défenses et incarne cette équipe burkinabè conquérante. À chaque sprint, il rappelle que la volonté peut dépasser les limites du corps.

Un symbole au-delà du football

Ce mardi 6 janvier, les Étalons défient la Côte d’Ivoire, championne en titre, en huitième de finale. Outsiders sur le papier, mais portés par un joueur qui offre bien plus que des statistiques : un supplément d’âme.

« À travers la CAN, je veux montrer aux jeunes qu’il ne faut jamais renoncer », confie-t-il à l’Equipe.

Georgi Minoungou n’est plus seulement un ailier performant. Il est devenu un symbole. Celui d’un homme qui a transformé une perte en victoire, une condamnation en renaissance. À la CAN 2025, il ne joue pas seulement pour le Burkina Faso. Il joue pour tous ceux que l’on croyait finis.

Sarah@Actu7.info

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