Injures à l’encontre de Macky Sall : Six mois de prison, dont trois ferme, requis contre Azoura Fall et Ousseynou Kairé

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Le tribunal des flagrants délits de Dakar a examiné, ce mercredi 21 mai 2025, l’affaire impliquant les deux militants du parti Pastef, Assane Guèye, alias Azoura Fall, et El Hadji Ousseynou Kairé, poursuivis pour des propos injurieux visant l’ancien président de la République, Macky Sall. Le parquet a requis une peine de six mois d’emprisonnement, dont trois mois ferme, à l’issue d’une audience marquée par des déclarations poignantes et des séquences vidéo choquantes.

Des vidéos virales au cœur du procès

Les faits reprochés aux prévenus reposent principalement sur des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, dans lesquelles ils tiennent des propos jugés injurieux et contraires aux bonnes mœurs à l’encontre de Macky Sall et d’autres personnalités politiques. Les vidéos, projetées au cours de l’audience, ont provoqué un vif émoi dans la salle d’audience.

Reconnaissant les faits, Azoura Fall a expliqué que sa vidéo, publiée il y a neuf mois, était initialement diffusée lors d’un live privé sur TikTok, destiné uniquement à ses abonnés. Il affirme avoir réagi à des insultes proférées contre sa mère par un internaute, en s’attaquant verbalement à l’ancien président. Selon lui, la vidéo aurait été rendue publique par Me Moussa Diop après qu’il a refusé d’intercéder auprès d’Ousmane Sonko.

Tentative de démonstration des séquelles subies

 

Lors de sa comparution, Azoura Fall a tenté de se déshabiller pour montrer des traces de violences qu’il affirme avoir subies en prison. Un geste interrompu par ses avocats. Il a également évoqué une ancienne détention durant le régime de Macky Sall, qui, selon lui, aurait entraîné une sciatique et d’autres troubles physiques. Il a quitté l’armée avant cette période.

De son côté, Ousseynou Kairé a expliqué avoir publié une vidéo dans le but d’être arrêté volontairement afin de forcer Azoura à se rendre aux autorités. Il a dénoncé les tortures qu’il aurait subies lors d’une précédente arrestation, le 31 décembre, à la Place de l’Indépendance, alors qu’il manifestait en faveur d’Ousmane Sonko. « On m’a déshabillé et frappé avec des matraques sur mes parties intimes », a-t-il affirmé à la barre.

Le parquet rejette les justificatifs médicaux

Le procureur, tout en reconnaissant les propos injurieux des prévenus, a écarté la valeur du certificat médical présenté par la défense d’Azoura Fall, évoquant un « trouble délirant persistant post-psychotraumatique ». Il a estimé qu’une consultation de vingt minutes ne saurait suffire à diagnostiquer une pathologie mentale, et a conclu à l’absence de preuve crédible de démence.

Une défense mobilisée autour des libertés fondamentales

 

Les avocats des deux prévenus ont plaidé pour la liberté provisoire, en dénonçant la procédure et en invoquant la liberté d’expression. Ils contestent également la validité des preuves et le contexte de détention antérieur de leurs clients, qu’ils estiment entaché de traitements inhumains et dégradants.

Le tribunal devrait rendre sa décision le 4 juin prochain. En attendant, cette affaire soulève à nouveau des questions sur la liberté d’expression, le traitement des détenus politiques et les limites de la contestation dans l’espace public sénégalais.

Raune

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