Le Premier ministre Ousmane Sonko effectue, ce lundi, une visite de terrain à Kaolack dans le cadre du suivi de la campagne de commercialisation de l’arachide, marquée par de sérieuses difficultés qui inquiètent producteurs et opérateurs économiques.
Cette descente intervient dans un contexte particulièrement tendu. Sur le terrain, les paysans peinent à écouler leur production au prix officiel fixé par l’État à 305 francs CFA le kilogramme. En réalité, les transactions se font entre 220 et 285 francs CFA, bien en deçà du prix plancher annoncé.
Autre source de préoccupation majeure : l’absence de points de collecte fonctionnels dans plusieurs communes et centres ruraux. À cela s’ajoute l’ouverture du marché à des acheteurs étrangers, une situation que certains acteurs jugent défavorable aux producteurs locaux.
Les opérateurs privés stockeurs, de leur côté, ont décrété depuis près de dix jours l’arrêt du déchargement des camions au niveau des points de collecte. Ils réclament à l’État le paiement d’une dette estimée à près de 200 milliards de francs CFA, condition qu’ils jugent indispensable à la reprise normale des opérations.
Les élus locaux ne cachent pas non plus leur mécontentement. Ils dénoncent la primauté accordée à la Sonacos dans la commercialisation, au détriment d’autres structures. Certains rappellent qu’une usine, notamment à Kaolack, n’a acheté aucune graine d’arachide lors de la dernière campagne, frôlant ainsi la fermeture.
Dans le cadre de sa tournée, le Premier ministre est annoncé au marché hebdomadaire de Ndjébel, une localité située à la croisée des départements de Kaolack, Guinguinéo et Gossas. Il est ensuite attendu à l’usine Sonacos de Lindiane, avant de se rendre à Diawparé, où opérateurs et agriculteurs se sont mobilisés dans l’espoir de voir la situation se décanter.
Cette visite est très attendue par les acteurs du monde rural, qui dénoncent une campagne de commercialisation arachidière jugée morose et quasiment au point mort. Les huiliers, également, réclament l’ouverture effective du marché afin de pouvoir acheter la graine d’arachide, au même titre que la Sonacos.
À Kaolack, producteurs et opérateurs espèrent désormais des décisions fortes du chef du gouvernement pour relancer une campagne cruciale pour l’économie rurale et apaiser les tensions qui persistent sur le terrain.




