Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a annoncé la fin des contrats de 312 policiers adjoints volontaires (PAV), recrutés en 2021 dans le cadre de la première cohorte de la septième génération. Ces jeunes, engagés comme personnel de soutien à la police nationale, ne verront pas leurs contrats renouvelés. La décision, prise par le ministre de l’Intérieur, le général Jean Baptiste Tine, est actée par l’arrêté n°000264 en date du 28 mars 2025.
Selon un communiqué transmis par la Division communication de la Direction générale de la Police nationale (DGPN), cette mesure s’inscrit dans le respect de l’article 4 du décret encadrant le statut des PAV, qui fixe leur durée de contrat à quatre ans. Le ministère a salué l’engagement et le professionnalisme de ces agents. « Le ministre de l’Intérieur tient à remercier la première cohorte des PAV pour ses bons et loyaux services », précise le document.
Un contexte social tendu
Cette annonce survient dans un climat social marqué par une montée des revendications. Le Rassemblement des travailleurs du Sénégal (RTS), regroupant des employés de structures publiques telles que le Port autonome de Dakar, le FONGIP, Dakar Dem Dikk, ou encore la Caisse de dépôt et consignation, prévoit une mobilisation d’envergure ce vendredi 11 avril 2025 à partir de 15h à Dakar.
Ces travailleurs, réunis en collectif, dénoncent des « licenciements abusifs » ainsi que des « recrutements sélectifs » dans les administrations publiques. Une demande d’autorisation de manifester a été introduite auprès des autorités compétentes. Si la réponse est attendue pour demain, les organisateurs préviennent qu’ils descendront dans la rue, vêtus de rouge, quel que soit le verdict des autorités.
La coïncidence entre la fin des contrats des PAV et la grogne sociale portée par le RTS alimente les critiques sur la gestion de l’emploi public. Certains observateurs s’interrogent déjà sur l’impact de ces décisions sur la sécurité et la stabilité sociale, dans un contexte où le chômage des jeunes demeure un enjeu majeur.
Alors que le gouvernement affirme agir dans le cadre légal, les mouvements syndicaux appellent à davantage de transparence et d’équité dans les politiques de recrutement et de gestion du personnel de l’État. Une confrontation semble inévitable si un dialogue apaisé n’est pas rapidement engagé.
Raune




