Le Parti de l’Indépendance et du Travail (PIT-Sénégal) dénonce fermement la situation alarmante dans laquelle est plongée la presse nationale, victime, selon lui, « d’une politique délibérée d’asphyxie économique, fiscale et juridique orchestrée par le pouvoir issu de la dernière alternance politique ».
Dans une déclaration publiée ce samedi, le Secrétariat du Comité Central du PIT-Sénégal exprime sa « profonde inquiétude » face à la « remise en cause brutale » de l’effacement fiscal accordé précédemment pour soutenir un secteur durement frappé par la crise du Covid-19. À cela s’ajoutent, selon le parti, « des campagnes publiques de dénigrement assimilant injustement les patrons de presse à des bandits fiscaux », un blocage abusif de leurs comptes bancaires, ainsi que la cessation des paiements dus par l’État pour les prestations de 2023.
Le PIT pointe également la « résiliation unilatérale des contrats de publicité, le gel des subventions prévues dans la Loi de finances 2024, et l’augmentation injustifiée des frais de diffusion audiovisuelle, qui fragilisent davantage les télévisions privées ». Il fustige par ailleurs la « confiscation » jugée arbitraire des deux bouquets de la société EXCAF, en violation des règles commerciales.
Au-delà de l’asphyxie économique, le PIT alerte sur une « atteinte grave à la liberté de la presse ». Il condamne la volonté du pouvoir de « soumettre la création de médias à son autorisation », estimant que cela « piétine les principes constitutionnels fondamentaux » et nourrit la « tentation d’une pensée unique ».
Reconnaissant les défis internes du secteur – précarité des travailleurs, déficit de formation, manque de mécanismes de lutte contre la désinformation -, le PIT-Sénégal appelle à la tenue « d’États généraux inclusifs de la presse ». Il insiste sur « l’urgence de dépénaliser les délits de presse » et de privilégier des « sanctions civiles adaptées », afin de mettre fin aux emprisonnements arbitraires de journalistes.
Le parti exige « l’arrêt immédiat » de toutes les mesures de « répression contre la presse privée » et appelle à un « dialogue sincère » entre l’État et les professionnels des médias. Il réaffirme son « soutien inconditionnel aux travailleuses et travailleurs de la presse » et invite « l’ensemble des forces démocratiques à se mobiliser pour défendre la liberté d’expression, socle de toutes les autres libertés ».
« L’existence et la liberté de la presse ne sont pas négociables », conclut le PIT, rappelant que leur défense est « un devoir patriotique pour tous ceux qui croient en la démocratie, la justice et l’émancipation véritable du peuple ».
Raune




