Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans ses discussions avec le Fonds monétaire international (FMI). Les deux parties sont parvenues, ce mardi 1er septembre, à un accord au niveau des services sur un nouveau programme économique et financier d’une durée de trois ans, d’un montant d’environ 2,2 milliards de dollars.
Cet accord, conclu à l’issue d’une mission du FMI à Dakar du 19 août au 1er septembre 2026, doit toutefois encore être approuvé par la direction et le Conseil d’administration de l’institution financière internationale.
Le futur programme, prévu pour la période 2026-2029, serait soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC). Il vise principalement à aider le Sénégal à rétablir la stabilité de ses finances publiques, à assurer la viabilité de sa dette et à réduire les vulnérabilités économiques du pays.
Selon la cheffe de mission du FMI, Mercedes Vera Martin, les réformes envisagées devront également permettre de protéger les populations les plus vulnérables, notamment à travers le renforcement des mécanismes de protection sociale et des transferts monétaires ciblés.
Une économie portée par le pétrole, mais des défis persistants
Le FMI souligne que l’économie sénégalaise est restée résiliente. En 2025, le pays a enregistré une croissance de 6,7 %, portée notamment par la première année complète de production pétrolière.
Cependant, la situation est plus contrastée en dehors du secteur des hydrocarbures. La croissance du PIB hors pétrole et gaz a ralenti à 2,2 % en 2025, même si elle a rebondi à 4,7 % au premier trimestre 2026, grâce notamment à la consommation des ménages.
L’inflation, quant à elle, est restée maîtrisée, avec un taux de 1,4 %, selon les données communiquées par le FMI.
Plus de recettes et une meilleure gestion des dépenses
Le programme envisagé repose sur plusieurs axes majeurs. Les autorités sénégalaises prévoient notamment de renforcer la mobilisation des recettes intérieures et de mieux maîtriser les dépenses publiques.
Une stratégie de recettes à moyen terme devrait être adoptée en 2027 afin de donner davantage de moyens à l’État pour financer les secteurs prioritaires.
Le FMI insiste également sur la nécessité d’améliorer la gouvernance des finances publiques, notamment à travers une meilleure gestion de la dette, un suivi plus rigoureux des arriérés intérieurs et un renforcement de la supervision des entreprises publiques.
Les autorités sénégalaises comptent par ailleurs poursuivre les réformes destinées à améliorer le climat des affaires et à favoriser l’inclusion financière, avec l’objectif de soutenir une croissance davantage portée par le secteur privé.
Le Sénégal envisage un traitement de sa dette
Autre point important : les autorités sénégalaises ont annoncé leur intention de solliciter un traitement de la dette afin de restaurer sa viabilité.
Mais avant l’approbation définitive du programme, plusieurs conditions devront être remplies. Le FMI demande notamment la mise en œuvre de mesures correctrices liées au précédent dossier de communication d’informations erronées.
L’institution internationale estime que des efforts supplémentaires seront nécessaires pour corriger ces insuffisances et renforcer les mécanismes de contrôle afin d’éviter que de telles situations ne se reproduisent.
Si le programme est finalement approuvé, il devrait également permettre au Sénégal de mobiliser d’autres financements auprès de partenaires comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et d’autres institutions de développement.
Cet accord préliminaire marque ainsi une étape importante pour les autorités sénégalaises, qui cherchent à assainir les finances publiques tout en maintenant les investissements nécessaires au développement du pays et à la protection des populations les plus fragiles.



