Le Mali traverse l’une de ses plus graves séquences sécuritaires depuis l’arrivée des militaires au pouvoir. Le ministre de la Défense, Sadio Camara, a été tué lors d’attaques coordonnées attribuées au JNIM et au FLA, tandis que Kidal échappe désormais au contrôle de Bamako.
La junte malienne a confirmé, dimanche 26 avril au soir, la mort du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, tué lors d’une attaque visant sa résidence à Kati, près de Bamako. Selon les autorités, l’assaut a été mené à l’aide d’un véhicule piégé et a provoqué l’effondrement de bâtiments voisins, dont une mosquée, faisant plusieurs victimes civiles.
Ces attaques, menées la veille, a visé plusieurs localités stratégiques, notamment Bamako, Kati, Konna, Mopti, Sévaré, Gao et Kidal. L’état-major malien a évoqué une situation « très tendue » et un « plan de déstabilisation vaste et complexe », tout en affirmant que l’armée avait repoussé les assaillants et tué « 200 terroristes ».
Au nord, la situation apparaît particulièrement critique. La ville de Kidal serait désormais sous contrôle du JNIM et du Front de libération de l’Azawad, après le départ des forces maliennes et de leurs alliés russes d’Africa Corps vers Gao. La junte parle d’un « repositionnement », reconnaissant de fait que l’État malien ne contrôle plus la ville pour le moment.
La mort de Sadio Camara constitue un coup dur pour le régime d’Assimi Goïta. Figure centrale de la transition militaire, il incarnait la ligne sécuritaire dure de Bamako et le rapprochement stratégique avec la Russie depuis les coups d’État de 2020 et 2021.
Cette séquence ouvre une période de fortes incertitudes pour le Mali. Au-delà du choc politique, elle met en lumière la capacité de coordination des groupes armés et la vulnérabilité persistante du dispositif sécuritaire malien, malgré les promesses répétées de reprise en main du territoire.
Raune





