La menace terroriste au Sahel franchit un nouveau seuil inquiétant. Les groupes djihadistes ne se contentent plus d’attaquer les positions militaires ou les populations civiles. Désormais, ils ciblent directement les infrastructures énergétiques stratégiques de la sous-région, avec en ligne de mire les installations de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal.
Selon des informations révélées lundi par le journaliste spécialiste des questions sécuritaires sahéliennes, Serge Daniel, les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ont saboté une partie des lignes électriques de l’OMVS sur le territoire malien.
Mais le plus préoccupant reste la suite des révélations. D’après les mêmes sources, les assaillants menacent désormais de s’attaquer directement à la centrale énergétique liée au dispositif de l’OMVS. Une menace lourde de conséquences pour les pays dépendants de cette infrastructure, en particulier le Sénégal.
Le Sénégal figure parmi les principaux bénéficiaires de l’électricité produite par le Barrage de Manantali, situé au Mali. Cette infrastructure constitue un maillon essentiel du système énergétique sous-régional. Une attaque contre le barrage ou contre les lignes de transport d’électricité pourrait provoquer d’importantes perturbations dans l’approvisionnement énergétique du pays.
Dans un contexte de progression des groupes armés dans certaines zones maliennes, notamment autour de Kayes, les autorités sénégalaises suivent avec inquiétude l’évolution de la situation. Le sabotage des lignes électriques apparaît déjà comme un signal d’alerte sur la vulnérabilité des installations stratégiques partagées entre plusieurs États.
Au-delà de la production énergétique, l’OMVS assure également la gestion des ressources hydrauliques entre le Sénégal, le Mali, la Mauritanie et la Guinée. Une déstabilisation durable de ses infrastructures aurait donc des répercussions économiques et sociales majeures sur toute la sous-région.
Une nouvelle stratégie des groupes djihadistes
En ciblant les infrastructures énergétiques, le JNIM semble vouloir ouvrir un nouveau front dans sa stratégie de déstabilisation régionale. Après les attaques contre les axes routiers, les bases militaires et les administrations publiques, les groupes armés s’attaquent désormais aux symboles de souveraineté économique et aux services essentiels.
Cette évolution marque un tournant préoccupant dans la crise sécuritaire sahélienne. Car une offensive réussie contre les installations de l’OMVS pourrait provoquer des délestages massifs, perturber l’activité économique et accentuer davantage le climat d’insécurité dans plusieurs pays de la sous-région.
Raune




