L’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a été condamné en appel à 15 ans de prison ferme pour enrichissement illicite, aggravant ainsi la peine de cinq ans prononcée en première instance en décembre 2023. Le verdict a été rendu ce mercredi par la cour d’appel de Nouakchott, marquant une étape majeure dans l’affaire de corruption la plus retentissante de l’histoire politique du pays.
Un procès historique
Le procès en appel, entamé le 13 novembre 2024, a vu comparaître Mohamed Ould Abdel Aziz aux côtés d’une dizaine de hauts responsables et de proches collaborateurs, dont deux anciens Premiers ministres. Les chefs d’accusation incluaient « enrichissement illicite », « abus de fonctions », « trafic d’influence » et « blanchiment d’argent ».
Le parquet avait requis une peine de 20 ans de prison ferme contre l’ancien président, l’accusant d’avoir transformé la présidence en un outil de chantage sur les investisseurs et d’avoir utilisé sa position pour accumuler une fortune personnelle considérable.  
Une fortune controversée
Selon les autorités judiciaires, Mohamed Ould Abdel Aziz aurait amassé un patrimoine estimé à 67 millions d’euros durant son mandat présidentiel de 2008 à 2019. Cette somme inclut des biens immobiliers, des comptes bancaires et d’autres actifs répartis dans plusieurs pays.
L’ancien président a toujours nié les accusations, dénonçant une « persécution politique » orchestrée par son successeur, Mohamed Ould Ghazouani, autrefois son allié proche .  
La condamnation de Mohamed Ould Abdel Aziz en appel est perçue comme un tournant dans la lutte contre la corruption en Mauritanie. Elle envoie un signal fort sur la volonté des autorités judiciaires de tenir les anciens dirigeants responsables de leurs actes. Cependant, les partisans de l’ancien président dénoncent une justice instrumentalisée à des fins politiques.
Les avocats de Mohamed Ould Abdel Aziz ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation, prolongeant ainsi une affaire qui continue de diviser l’opinion publique mauritanienne. 
Raune




