Les assises des médias, dont les conclusions ont été restituées le mois dernier , n’ont fait que confirmer ce que tout le monde sait déjà : la presse sénégalaise est malade. Malade de précarité, malade d’un modèle économique à bout de souffle, malade de promesses de réformes jamais tenues.
Oui, le paysage médiatique s’est élargi. Oui, le numérique a ouvert de nouvelles perspectives. Mais derrière cette façade de diversité, la réalité est brutale : entreprises exsangues, salaires impayés, journalistes sans protection sociale, course effrénée au clic au détriment de la qualité de l’information. Pendant ce temps, les citoyens, eux, continuent de payer le prix fort d’une désinformation ou d’une information affaiblie et parfois bâclée .
Les chiffres présentés lors des assises parlent d’eux-mêmes : la fragilité est généralisée. Et pourtant, les réformes structurelles attendues depuis des années restent en suspens. Combien de temps encore va-t-on repousser les décisions difficiles ? Combien de temps encore va-t-on tolérer que ceux qui font vivre le droit du public à être informé travaillent dans l’insécurité permanente ?
Ne nous y trompons pas : affaiblir la presse, c’est affaiblir la démocratie. Les pouvoirs publics, les acteurs du secteur et même les annonceurs ont une responsabilité collective. Il est temps d’agir. Pas demain. Pas après la prochaine crise. Maintenant.





