Sa détention à la prison de Rebeuss pendant 50 jours ne l’a nullement dissuadé. Moustapha Diakhaté, ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar, a de nouveau sorti l’artillerie lourde pour s’attaquer au régime de Bassirou Diomaye Faye et au procureur de la République. En conférence de presse, ce mardi 5 août 2025, il a dénoncé ce qu’il qualifie de « guerre juridique » menée par les autorités actuelles contre sa personne et contre la liberté d’expression au Sénégal.
« Pastef a trahi ses promesses de campagne. Ils avaient promis d’abolir l’article 80 et l’article 254. Ils ont menti aux Sénégalais. Résultat : on continue d’arrêter des gens pour des délits d’opinion », a-t-il fustigé.
Au centre de ses critiques, le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, qu’il accuse de partialité et d’abus de pouvoir. « Le procureur Ibrahima Ndoye, c’est un parquet à double standard. Il est intransigeant avec l’opposition et indulgent avec le parti Pastef. Ces magistrats trahissent la loi », a déclaré Diakhaté devant la presse.
Déterminé à poursuivre son combat, il affirme qu’aucune menace judiciaire ne l’arrêtera : « J’ai déjà été emprisonné deux fois. Si le procureur veut me faire taire, qu’il sache qu’il lui reste 998 mandats de dépôt, car même après mille tentatives, je ne me tairai pas. Je préfère mourir que renoncer à ma liberté de parole. »
Pour l’ex-parlementaire, son arrestation relève avant tout d’un règlement de comptes personnel orchestré par le parquet. « Ibrahima Ndoye a un problème avec moi. Il se cache derrière son poste pour régler des comptes personnels. C’est indigne de sa fonction de magistrat », dénonce-t-il.
Revenant sur les accusations d’offense au chef de l’État, Diakhaté s’étonne : « Moi qui défends la République et le président, on m’accuse de l’avoir offensé. C’est honteux et ridicule. » Il juge inacceptable que des citoyens soient poursuivis pour avoir critiqué l’autorité : « Dans une démocratie, critiquer ceux qui nous gouvernent est un droit fondamental. »




