Ce mercredi 2 avril 2025, après plus de dix heures de débats intenses, l’Assemblée nationale du Sénégal a adopté la proposition de loi n°05/2025 portant interprétation de la loi d’amnistie n°2024-09 du 13 mars 2024. Le texte a été approuvé par 126 voix pour, 20 contre et aucune abstention.
Cette proposition de loi, initiée par le député Amadou Ba du parti Pastef, vise à clarifier l’application de la loi d’amnistie en excluant explicitement les crimes de sang et autres infractions graves de son champ d’application. L’objectif est de garantir justice aux victimes des événements survenus entre 2021 et 2024.
Lors des discussions, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a répondu aux critiques concernant la prétendue lenteur du système judiciaire. Il a affirmé que « le temps de la justice n’est pas le temps des hommes », soulignant que les procédures judiciaires requièrent une rigueur et une minutie incompatibles avec la précipitation.
Il a également déclaré : « La justice ne se fait pas dans la précipitation. Je n’ai jamais accepté qu’on fasse pression sur moi surtout dans un sens déterminé. Qu’on ne compte pas sur moi pour exercer la moindre pression sur les magistrats du siège ».
Diagne a insisté sur son engagement envers l’indépendance de la justice, affirmant qu’il n’accepterait aucune ingérence dans l’exercice de ses fonctions et qu’il n’utiliserait pas la justice pour satisfaire des intérêts politiques. Le Garde des Sceaux a rassuré les citoyens sur l’intégrité du système judiciaire, affirmant que la justice accomplira son travail sans être manipulée.
Ousmane Diagne a défendu la justice contre les critiques sur sa lenteur, affirmant que le respect des procédures prime sur toute précipitation. « C’est comme si finalement ce qui semble intéresser les gens c’est moins la bonne marche de la justice que l’arrestation et la poursuite de certaines personnes qui ont été citées », s’est-il désolé.
Aussi, a-t-il souligné que la mise en place de juridictions compétentes, comme le Pool judiciaire et financier en septembre 2024 et la Haute Cour de justice en décembre 2024, était essentielle avant d’entamer certaines procédures.
Sur les dossiers liés au parquet financier, il a souligné que cela demande du temps, d’autant qu’il y a beaucoup d’affaires à traiter, alors même que les magistrats sont en nombres réduit. Il a rendu hommage aux magistrats, saluant leur indépendance. Selon lui, la justice sénégalaise a évolué et agit désormais sans parti pris politique.
« Je suis extrêmement satisfait de la façon dont la justice est rendue, dont les magistrats s’acquittent de leur responsabilité, de leur prérogative. Nous savons tous que la justice a changé. Il n’est plus dit qu’un opposant ou quelqu’un qui est en délicatesse avec le pouvoir, s’il a des problèmes que les gens s’attendent fatalement à une condamnation. Il est arrivé qu’il y ait eu des décisions de relaxe », a-t-il relevé en fin de compte pour manifester son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique.
Raune




