Ce jeudi 1er mai 2025, à l’occasion de la Fête du Travail, le gouvernement sénégalais, les organisations syndicales et les représentants du patronat ont officialisé la signature d’un Pacte de stabilité sociale, lors d’une cérémonie tenue à la Primature, sous la présidence du Premier ministre Ousmane Sonko. Cette initiative, annoncée dès février et issue de négociations tripartites entamées en mars, s’inscrit dans le cadre de la vision « Sénégal 2050 », en faveur d’un climat social apaisé et propice au développement durable.
Fruit d’un dialogue approfondi entre les différentes parties, cet accord marque une étape majeure dans la refondation du dialogue social au Sénégal. Il prévoit une série d’engagements concrets pour améliorer le pouvoir d’achat, maîtriser les prix des denrées de première nécessité, lutter contre les licenciements abusifs, tout en instaurant des mécanismes de suivi pour assurer sa mise en œuvre effective.
Sonko : « Nous serons une maison de verre »
Prenant la parole lors de la cérémonie, en présence du ministre du Travail, Abass Fall, le Premier ministre Ousmane Sonko a délivré un message fort, axé sur la transparence, le changement et la responsabilité. « Je peux vous assurer que nous serons une maison de verre. Nous serons transparents avec vous », a-t-il lancé à l’endroit des représentants du patronat, soulignant l’importance d’un partenariat sincère avec les forces vives de la nation.
Il a également annoncé que l’élaboration en cours d’une loi de finances rectificative se fera en concertation avec l’ensemble des partenaires économiques. « Tout sera discuté, mais la décision reviendra à l’État », a-t-il précisé, réaffirmant la primauté de l’intérêt général dans la conduite des politiques publiques.
« Un mauvais modèle de développement »
Dans un discours résolument tourné vers la transformation économique, Ousmane Sonko a dressé un diagnostic sans complaisance des faiblesses structurelles du pays. « Avant de redistribuer une richesse, il faut la créer. Or, notre pays n’a jamais su créer suffisamment de richesse », a-t-il déploré.
Ainsi, il a dénoncé « un mauvais modèle de développement » hérité du passé. Il a plaidé en faveur d’un nouveau paradigme fondé sur la transformation locale des matières premières, la substitution des importations et une souveraineté économique réelle.
Reconnaissant la persistance de tensions sociales, le Premier ministre a présenté le Pacte comme « un outil de stabilisation indispensable à la mise en œuvre des réformes structurelles ». « On ne peut pas construire une économie solide tout en luttant contre un front social en ébullition », a-t-il affirmé.
« Le plus grand problème de ce pays, c’était le pouvoir politique »
Ousmane Sonko a tenu à rassurer les partenaires sociaux quant à leur rôle dans la refondation du pays. « Le plus grand problème de ce pays, c’était le pouvoir politique », a-t-il souligné, les dédouanant de la responsabilité des dysfonctionnements passés.
Dans un souci de redevabilité, il a rappelé l’engagement pris avec le président Bassirou Diomaye Faye de rompre avec les pratiques anciennes. « Sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye et ma gouvernance, nous avons posé des jalons » pour concrétiser les promesses de campagne.
Et d’ajouter : « Dans quatre ans, si les Sénégalais estiment que nous avons échoué, ils pourront choisir autre chose », illustrant une volonté affirmée de rendre des comptes. Le chef du gouvernement a appelé ses ministres à faire preuve d’écoute et d’ouverture.
« Hier encore, en Conseil des ministres, j’ai demandé aux ministres de répondre aux correspondances, d’écouter, de dialoguer. Car la communication est la base de tout », a-t-il conclu.
Ce Pacte tripartite, conclu dans un esprit de responsabilité collective, marque un tournant décisif dans les relations entre l’État, les travailleurs et les employeurs. Il pourrait bien ouvrir la voie à une nouvelle ère de gouvernance inclusive et participative au Sénégal.
Raune




