Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : Quatre figures majeures de l’opposition exclues de la course 

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La Commission électorale indépendante (CEI) de Côte d’Ivoire a confirmé, ce mercredi 4 juin, l’exclusion définitive de quatre personnalités politiques de premier plan de la liste électorale. Tidjane Thiam, Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Guillaume Soro ne pourront ni se présenter à l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025, ni voter. Cette décision suscite une vive controverse et ravive les tensions politiques dans un pays marqué par des décennies de crises électorales. 

Les raisons des exclusions

Du Tidjane Thiam, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), a été radié de la liste électorale en raison de sa nationalité française acquise en 1987. Bien qu’il ait renoncé à cette nationalité en mars 2025, la justice ivoirienne a estimé qu’il n’était pas éligible au moment de son inscription sur les listes électorales en 2022.

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont été condamnés à vingt ans de prison pour des faits liés à la crise post-électorale de 2010-2011. Bien qu’acquittés par la Cour pénale internationale et revenus en Côte d’Ivoire en 2021 et 2022, ils restent exclus de la liste électorale faute d’amnistie présidentielle.

Guillaume Soro, ancien Premier ministre et président de l’Assemblée nationale, est en exil depuis 2019. Il a été condamné à perpétuité en 2021 pour « atteinte à la sûreté de l’État », ce qui l’empêche de participer au scrutin. 

Réactions de l’opposition

La Coalition pour l’Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI), regroupant 25 partis d’opposition, a dénoncé ces exclusions comme une « instrumentalisation de la justice » visant à écarter des adversaires politiques. La coalition exige une réforme profonde de la CEI pour garantir des élections transparentes et inclusives .  

Tidjane Thiam a qualifié sa radiation de « déni de justice » et a saisi le Comité des droits de l’homme de l’ONU pour contester cette décision. Le PDCI a appelé à des manifestations pacifiques pour défendre la démocratie .  

Enjeux pour la présidentielle de 2025

L’exclusion de ces figures de l’opposition pourrait compromettre la crédibilité du scrutin présidentiel. Le président sortant, Alassane Ouattara, n’a pas encore annoncé s’il briguerait un quatrième mandat, mais son parti, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), prévoit de désigner son candidat courant juin . 

Les tensions actuelles rappellent les violences post-électorales de 2010-2011, qui avaient fait plus de 3 000 morts, et celles de 2020, avec au moins 85 décès. Les observateurs appellent à un dialogue politique inclusif pour éviter une nouvelle crise. 

À moins de cinq mois du scrutin, la Côte d’Ivoire se trouve à un carrefour politique crucial. La réintégration des candidats exclus et la réforme de la CEI sont perçues comme des conditions essentielles pour garantir des élections apaisées et démocratiques. L’avenir politique du pays dépendra de la capacité des acteurs à privilégier le dialogue et l’inclusivité.

Raune

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