« Timpi-Tampa » (ni noir, ni clair) est le premier long-métrage écrit et réalisé par Adama Bineta Sow. Cette œuvre cinématographique, qui aborde avec finesse la problématique du blanchiment de la peau ou dépigmentation, sortira en salle le 9 mai, simultanément en France et dans dix pays d’Afrique francophone. Cette sortie inédite se fera à travers le réseau Canal Olympia, les cinémas Majestic à Abidjan, ainsi que Pathé et Sea Plaza à Dakar.
L’avant-première s’est tenue ce lundi au cinéma Pathé de Dakar, en présence de l’équipe du film, de journalistes, de professionnels du 7e art, et d’un public nombreux. La salle, comble, plonge dans l’obscurité. Le silence s’installe. Les premières images défilent au rythme de la chanson « Timpi-Tampa » d’Ismaël Lo. « Ce film parle de dépigmentation, comme la chanson d’Ismaël », glisse un spectateur confortablement installé.
Ce long-métrage de fiction, à la croisée du drame et de la comédie, traite avec subtilité, émotion et une touche d’humour d’un fléau qui gangrène le continent : le blanchiment de la peau. Le rôle principal est porté par Kalilou – de son vrai nom Pape Aly Diop – un étudiant de 20 ans vivant à Dakar avec sa mère, atteinte d’un cancer de la peau dû à l’usage intensif de produits dépigmentants.
Face à ce drame, Kalidou décide de se déguiser en fille pour participer à un concours de beauté très médiatisé, qui récompense systématiquement des jeunes femmes à la peau claire. Il crée alors avec d’autres étudiantes un groupe baptisé « Les Naturelles, belles et rebelles ».
Mais l’aventure ne sera pas de tout repos. En endossant le rôle de « Leïla », Kalilou découvre la complexité de la condition féminine. Cette expérience bouleversante le fait évoluer, devenir plus mûr, plus sensible, et finalement, un homme meilleur.
Le moment le plus surprenant du film survient lorsqu’il remporte le concours avec son équipe, avant de révéler sa véritable identité. Un hommage poignant aux femmes au teint noir, souvent dévalorisées dans une société où la blancheur est érigée en norme de beauté. Mais à quel prix ?
Grâce à sa prestation remarquable, Pape Aly Diop a reçu le prix du meilleur comédien au festival Vues d’Afrique de Montréal. Le film y a également été honoré du prix « Agir pour l’égalité » et d’une mention spéciale du jury. Au dernier FESPACO, Timpi-Tampa de la réalisatrice Adama Binta Sow a aussi reçu une mention dans la section Perspectives.
Chérifa




