Le ton est donné. Le Premier ministre a annoncé une réforme en profondeur de l’École nationale d’Administration (ENA), avec l’ambition de refonder la formation des élites administratives et d’adapter l’appareil d’État aux exigences de la Vision 2050.
Au cœur de cette initiative : le capital humain. L’ENA, considérée comme un pilier de l’administration sénégalaise, est appelée à produire des profils plus performants, capables de concevoir et de piloter des politiques publiques efficaces. L’enjeu est double : renforcer la crédibilité de l’institution, tout en consolidant son rôle d’ascenseur social et de vecteur de cohésion nationale.
Cette réforme intervient dans un contexte où le cadre réglementaire actuel, hérité du décret n°2011-1704 du 6 octobre 2011, montre ses limites face aux défis contemporains. Pour l’exécutif, il s’agit désormais de « réinventer » le manager public, en phase avec les impératifs de modernité, de performance et de gouvernance.
Pour piloter ce chantier stratégique, un Comité de pilotage sera mis en place sous l’autorité du ministre, Secrétaire général du Gouvernement. Cette structure, conçue comme un cadre permanent de concertation, regroupera les principaux acteurs concernés et aura pour mission de conduire des consultations approfondies et de formuler des propositions alignées sur les politiques publiques sectorielles.
Mais au-delà des annonces, c’est une refonte globale qui est engagée. Sur le plan juridique, un nouveau décret viendra remplacer celui actuellement en vigueur. Sur le plan institutionnel et organisationnel, l’État prévoit de moderniser les outils de gestion et de mieux mobiliser les ressources financières.
La réforme se veut également pédagogique. Elle prévoit une reconfiguration des filières, une intégration accrue du numérique dans les enseignements, ainsi que la création d’un Institut de Formation à Distance (IFD). L’ENA devrait en outre s’arrimer pleinement au système Licence-Master-Doctorat (LMD) et ouvrir un cycle doctoral, une évolution majeure pour l’institution.
À travers cette transformation d’envergure, le gouvernement entend franchir un cap décisif : doter le Sénégal d’une administration plus agile, plus compétente et résolument tournée vers les standards internationaux.




