Réformes majeures : Sonko veut refonder l’OFNAC et renforcer la transparence

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Le Premier ministre Ousmane Sonko s’est présenté ce lundi 14 avril 2025 devant les députés dans le cadre des questions d’actualité au gouvernement. Une séance parlementaire marquée par l’absence notable de la majorité des députés de l’opposition, notamment ceux du groupe Takku Wallu, qui dénoncent une « violation répétée et délibérée du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale » par la majorité. Ces derniers accusent le président de l’institution de se comporter en chef de parti, au service du groupe parlementaire Pastef.

Malgré ce boycott, certains députés non-inscrits, tels que Pape Djibril Fall, Tafsir Thioye et Mamadou Lamine Thiam, ont choisi de siéger, refusant « la politique de la chaise vide ». Sur les 14 questions retenues, 10 ont été posées par les députés de la majorité, et 4 par les non-inscrits.

Vers une refonte profonde de l’OFNAC

Au cœur de l’intervention du Premier ministre figurait l’annonce de plusieurs projets de loi majeurs, dont une réforme de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Ce projet s’inscrit, selon lui, dans une volonté de « rompre avec les pratiques du passé » et d’ancrer une nouvelle culture politique fondée sur la transparence et la reddition des comptes.

« Nous allons soumettre dans les prochains jours un certain nombre de projets de loi tels que le projet de loi pour réformer l’OFNAC, les lanceurs d’alerte, l’accès à l’information, entre autres », a déclaré Ousmane Sonko.

Parmi les soutiens de cette réforme figure Waly Diouf Bodian, directeur du Port autonome de Dakar et cadre du parti Pastef. Il a plaidé au cours du week-end pour une refonte en profondeur de l’OFNAC, affaibli, selon lui, par la loi n°2024-06 du 9 février 2024. « Cette loi a vidé l’institution de sa substance », estime-t-il, dénonçant une inefficacité dans la lutte contre l’enrichissement illicite.

D’où sa proposition de réforme radicale. « Si on modifie cette loi, le pays changera immédiatement. Plus besoin d’enquêtes complexes : on observe simplement la fortune des personnes concernées. Si un salarié devient milliardaire, on l’emprisonne. C’est aussi simple que cela », a-t-il préconisé.

Waly Diouf Bodian voit dans la majorité parlementaire actuelle une opportunité pour mener à bien cette réforme. Il suggère même, en cas de blocage, de transférer les compétences de l’OFNAC au parquet financier. Il émet néanmoins des doutes sur la capacité de l’actuelle direction de l’OFNAC, dirigée par Serigne Bassirou Guèye, à relancer les dossiers sensibles, notamment ceux liés à l’ancien régime.

Loi sur l’accès à l’information et protection des lanceurs d’alerte en vue

Outre la réforme de l’OFNAC, le Premier ministre a également annoncé l’arrivée imminente de textes législatifs relatifs à l’accès à l’information et à la protection des lanceurs d’alerte. Ces lois, promises par le président Bassirou Diomaye Faye lors de son discours de Nouvel An, visent à consolider les bases de la transparence et de la bonne gouvernance.

« Chaque citoyen devrait être en mesure d’accéder à l’information. Il a l’obligation de savoir ce que tel ministre ou tel directeur général fait », a affirmé Ousmane Sonko, insistant sur la nécessité d’instaurer une culture de responsabilité publique.

Avec cette série de projets de loi, le gouvernement affiche sa volonté de tourner la page d’une gouvernance opaque. Reste à voir si la mise en œuvre sera à la hauteur des attentes citoyennes et si les institutions concernées, à commencer par l’OFNAC, seront en mesure d’incarner ce nouveau souffle.

Raune

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