Le Sénégal s’impose plus que jamais comme l’une des locomotives économiques du continent. Dans son rapport « Perspectives économiques en Afrique 2026 », la Banque africaine de développement (BAD) met en avant des performances remarquables, avec une croissance du PIB qui est passée de 6,9 % en 2024 à 8,3 % en 2025, un bond largement attribué au démarrage de l’exploitation des ressources pétrolières et gazières.
Cette nouvelle dynamique a donné un coup d’accélérateur au secteur secondaire, tout en soutenant la progression des exportations. Dans le même temps, l’inflation est restée sous contrôle et le déficit budgétaire a poursuivi sa baisse, traduisant une amélioration du cadre macroéconomique.
Les perspectives restent favorables. La BAD table sur une poursuite de cette croissance en 2026 et 2027, portée par une consolidation progressive des finances publiques, une réduction du déficit du compte courant et un système bancaire jugé solide et résilient.
Mais derrière ces performances encourageantes subsistent d’importants défis structurels. L’institution financière rappelle que 37,5 % de la population vit encore dans la pauvreté, tandis que le taux de chômage élargi atteint 19,2 %. À cela s’ajoute le poids toujours préoccupant de la dette publique.
Le rapport révèle qu’en 2026, les besoins de financement du Sénégal s’élèveront à 6 075 milliards de FCFA, dont près des trois quarts seront absorbés par le remboursement de la dette, limitant ainsi les marges de manœuvre budgétaires de l’État.
Pour transformer cette forte croissance en développement durable et inclusif, la BAD appelle les autorités à accélérer les réformes. Elle recommande notamment de renforcer la mobilisation des recettes fiscales, d’élargir le recours aux financements privés, verts et innovants, de mieux mobiliser l’épargne de la diaspora à travers des obligations dédiées, tout en poursuivant les efforts en matière de gouvernance et de discipline budgétaire.
Autant de leviers jugés indispensables pour assurer la réussite de l’Agenda « Sénégal 2050 », préserver la confiance des investisseurs et inscrire durablement le pays sur la voie d’une croissance solide et inclusive.
Source : (Le Soleil)



